Jardin de los Picaflores

7 mai 2019 : Ce matin, je m’accorde quelques heures pour moi. Colin va visiter la ville de son coté. Pour ma part, j’ai décidé de retourner au Jardin de los Picaflores. Il s’agit d’un petit jardin, chez des particuliers, dédié aux colibris et à quelques autres espèces d’oiseaux. En terme de superficie, nous ne sommes pas sur de la grande surface, mais l’agencement est tel qu’il donne l’opportunité de voir pas mal d’oiseaux différents. Des mangeoires à colibris sont installées afin d’attirer les petits volatiles, mais également des fruits tels que des bananes ou des oranges pour attirer des passereaux frugivores, ou encore des graines visant à alimenter des granivores tels que des colombes.

Après ma visite d’avant-hier, je me devais de revenir. En effet, je n’ai pas pu tout immortaliser comme je le souhaitais. Certains oiseaux m’ont complètement échappés, c’est le cas de quelques colibris principalement, j’en ai photographiés d’autres me rendant compte plus tard du fort contrejour, de la mauvaise mise au point ou de la petite branchette qui vient se poser délicatement devant la tête du sujet ! Et puis, si j’en crois le dépliant, il y a même des espèces visiteuses que je n’ai pas encore aperçues, des colibris également, mais surtout quelques passereaux particulièrement colorés ! Je compte sur cette visite matinale pour m’offrir de nouvelles opportunités. La précédente visite s’étant déroulée en fin d’après-midi, je me dis qu’une visite à une heure différente peut révéler un cortège d’oiseaux différents.

Comme bien souvent, je suis en avance. J’attends devant le portail quelques minutes et observe ce qu’il se passe aux alentours. La vie se réveille, parfois des vols de perroquets traversent le ciel, mais le plus souvent, ce sont des colibris qui s’échappent du jardin pour se poser dans l’arbre de l’autre coté de la rue et revenir tout aussi rapidement, itinéraire également emprunté par les colorés Sucriers à ventre jaune.

Le portail s’ouvre et je pénètre dans ce jardin fantastique. Je cherche l’angle de vue parfait, celui qui évitera au maximum les contrejours. L’heure étant différente de celle de l’autre jour, la luminosité y est, par définition, différente également. Je m’installe. Je n’ai pas vraiment l’habitude de rester assis à attendre que ça se passe, je suis plus adepte de la chasse photographique à la billebaude, mais les règles sont ainsi ici et sont celles qui m’offriront le plus de sujets à photographier, alors je respecte et patiente jusqu’à ce que l’oiseau que je veux photographier se présente.

Comme avant-hier, le défilé des colibris ne désemplit pas. Les mêmes espèces passent et repassent, des arianes, des dryades, des saphirs, des ermites,… car colibri ou oiseau-mouche est un abus de langage, c’est un nom vernaculaire que nous employons pour désigner tous les Trochilidae ! En effet, appelé chaque membre de cette famille « colibri », revient à nommer chaque Accipitridae « aigle » ! Or, nous savons très bien que dans cette famille de rapaces, les aigles ne sont pas les seuls membres, il y a également des buses, des busards, des circaètes, des éperviers, des milans, des vautours et beaucoup d’autres encore ! Pour les colibris, c’est la même chose ! On dénombre près de 360 membres à cette famille, parmi lesquelles 185 ont le terme colibri dans leur nom et seulement 4 sont du genre colibri.

Mon regard est rapidement attiré par un colibri ! La raison ? Il ne figure pas sur la liste fourni par les gérants du jardin. Sans doute un oubli. En revanche il figure bien sur le guide sur la faune de la région que je me suis procuré à Iguazu ! C’est une Ariane à poitrine blanche ! Mais après quelques recherches, je ne comprends plus… cette espèce vit dans le nord de l’Amérique du Sud et notamment sur le plateau des Guyanes, et l’Argentine ne figure pas sur son aire de répartition… La réalité est autre, l’oiseau aurait une position taxonomique incertaine et sème le trouble autour de lui. En effet, il ne serait qu’hivernant dans cette zone, ainsi certains auteurs l’identifient comme une ssp d’Amazilia versicolor, Ariane versicolore, vivant sur la cote sud du Brésil, d’autres comme une ssp d’Amazilia leucogaster, Ariane vert-doré, vivant sur les cotes est et nord du Brésil et d’autres, tel celui de mon guide, comme une ssp d’Amazilia brevirostris, Ariane à poitrine blanche ! Je me garderai bien de donner mon avis sur cet oiseau et me contenterai d’Amazilia sp, ce qui est plus raisonnable.

DSC00187Amazilia sp

L’Ariane versicolore, la voici d’ailleurs qui se pose sur une branche. C’est le meilleur moment pour l’immortaliser, ces oiseaux sont particulièrement vifs. Très querelleuse, elle n’hésite pas à poursuivre d’autres colibris, elle vole dans toutes les directions sans se lasser. Une activité si importante qu’elle s’alimente constamment par l’intermédiaire de fleurs dont elle consomme le nectar et participe à la pollinisation, mais également de petits insectes qu’elle capture en vol.

DSC00204Ariane versicolore

J’ai fait à peu près le tour des colibris que je pouvais observer, je crois. Il en reste bien un par-ci, par-là sur le dépliant qui m’échappe, à commencer par les ermites. Deux espèces d’ermites sont présentes en Argentine et les deux peuvent se rencontrer ici… mais ils sont si rapides et surtout n’ont pas la volonté de se poser en évidence et à la lumière qu’il m’est impossible de les identifier et de les photographier. Ces deux espèces sont l’Ermite de Prêtre et l’Ermite eurynome et elles se ressemblent beaucoup, deux gros colibris dépassant les 12cm et même pouvant atteindre 17 pour la première ! Leur bec est démesurément long, ce qui leur permet de se nourrir au fond des fleurs, notamment celles en trompette qui constituent l’essentiel de leur alimentation.

Des passereaux viennent également visiter le jardin, et comme les colibris, ils ne passent pas inaperçus ! Il faut dire que leurs couleurs sont des plus remarquables. Outre les Sucriers à ventre jaune, omniprésents et déjà croisés en Guadeloupe par exemple, on peut noter l’apparition des Organistes téité ! Un oiseau qui ne m’est pas totalement inconnu, mais presque, puisque je l’avais entraperçu en Guyane. Ici, l’observation n’a rien à voir car facilitée par la présence de fruits, mais je ne vais pas m’en plaindre, l’oiseau est superbe ! Si son chant est très mélodieux, c’est aussi un bon imitateur et il n’est pas rare qu’il copie des espèces aussi diversifiées que buses, perroquets ou encore toucans.

 

 

 

Mais revenons à nos colibris, il y en a bien un que je vois depuis hier et que j’ai photographié plusieurs fois mais, à croire qu’il a la propension à gâcher les images, jamais dans de bonnes conditions ! C’est le Colibri à gorge blanche, un membre un peu atypique de la famille puisque seul du genre leucochloris. Sa taille et ses motifs ne permettent aucune confusion, même s’il peut passer inaperçu immobile au milieu de la végétation du fait de sa robe verte. Pour une fois, il se pose en évidence, à découvert et à la lumière. Parfait !

DSC00219Colibri à gorge blanche

J’abandonne un peu mes rêves de colibris. Je m’étais fixé comme objectif, assez raisonnable il faut bien l’avouer, le Toucan toco, le Condor des Andes, le Nandou de Darwin, et des colibris en règle générale, sans savoir quelles espèces je pouvais voir, tout en sachant que j’irai faire un tour dans ce jardin. Objectif atteint ! Maintenant, ce n’est que du bonus, et je vais m’attarder sur les passereaux qui viennent grignoter les morceaux de banane.

Ils ne sont pas là en permanence. Les colibris leur volent la vedette, mais il faut garder l’oeil ouvert. Sans crier gare, il arrive qu’un tangara, un organiste ou un calliste se pose sur une branche et attende le bon moment pour s’approcher. La plupart du temps, il se montre craintif et la quête du repas s’effectue progressivement. D’abord sur une branche à distance, puis sur une branchette à proximité et enfin, si la voie est libre, l’oiseau décide de tenter sa chance. La branche qui sert de support à la banane est positionné au centre et les observateurs sont à bonne distance. Le Calliste à tête verte et sa fabuleuse livrée n’ont rien à craindre ici et peuvent se délecter sans prêter attention à ce qui les entoure. L’oiseau est exceptionnel de contrastes et de couleurs !

DSC00222Calliste à tête verte

Le visiteur suivant est plus discret au niveau des couleurs. On oublie les tons criards du calliste, l’Organiste à ventre marron fait plus dans la discrétion, la sobriété. Un dos sombre, un ventre marron rehaussé par des virgules jaunes au niveau des épaules. Finalement les passereaux sont probablement plus colorés que les colibris.

DSC00227Organiste à ventre marron

Je décide de rentrer à la maison. Colin est là, nous embarquons dans un taxi direction le Paraguay !

4 réflexions sur “Jardin de los Picaflores

  1. quelle merveille que ces oiseaux! je fais toujours en sorte d’avoir du temps devant moi pour lire tes billets et ils attendent bien sagement ce moment 🙂
    le calliste est vraiment exceptionnel tant ses couleurs sont somptueuses! mais tous me plaisent! moi qui surveille ‘ma’ nichée d’hirondelles, je pense bien souvent à toi et à toutes les beautés que tu nous présentes 🙂

    Il ne figure pas sur la liste fournit par les gérants du jardin.

    Aimé par 1 personne

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