Les perroquets de Guadeloupe : de la disparition à l’oubli. (1/4)

La Guadeloupe, un petit territoire mais un grand nombre d’oiseaux. 285 espèces sont ainsi référencées et la liste s’allonge un peu plus tous les ans. Celle de 2019-2020 voient ainsi arriver quatre petits nouveaux : le Crabier chevelu (Ardeola ralloides), le Fuligule morillon (Aythya fuligula), le Viréo jaune-verdâtre (Vireo flavoviridis) et le Pluvier fauve (Pluvialis fulva). Riche de biotopes différents, allant de la forêt pluvieuse aux îlots de palétuviers en passant par les forêts sèches ou encore les salines, et situé sur un axe migratoire majeur, l’archipel constitue un important refuge pour l’avifaune. Cependant, en regardant de plus près cette liste, nous ne pouvons que constater l’absence de populations de perroquets autochtones et les Loriquets de Swaison, présents sur les cartes postales vendues à des touristes peu au fait de l’actualité ornithologique, ont beau être magnifiques, ils n’en demeurent pas antillais pour autant. Mais alors, où sont donc passés les perroquets guadeloupéens ?

 

Les espèces, animales comme végétales, ne sont pas égales face à la pression anthropique, et les oiseaux ne font pas exception à la règle. Si certains, trop peu nombreux, semblent s’adapter et prospérer, d’autres en revanche subissent de plein fouet les perturbations générées par la folie des Hommes et voient leurs effectifs s’effondrer, voire, dans le pire des cas, disparaître. Mais même par delà l’extinction, des injustices subsistent et certaines espèces disparaissent non seulement de la surface de la Terre mais également de notre mémoire !

Les espèces éteintes pouvant être admirées au sein de musées sont celles qui s’en sortent le mieux. Outre le fait d’offrir un spécimen à étudier, elles ont pour la plupart fait l’objet de description précise quant à leur physique ou mieux encore, quant à leur comportement de leur vivant. Tous les cas ne se ressemblent pas, prenons pour exemple celui du Grand pingouin (Pinguinus impennis). Disparu en 1844 du fait de chasse excessive, il n’est pas pour autant tombé dans l’oubli. A travers le monde, pas moins de 75 œufs, 24 squelettes complets et 81 peaux sont conservés dans les musées d’histoire naturelle et à cela s’ajoutent les écrits. Le Dronte de Maurice (Raphus cucculatus), mieux connu sous le nom de dodo, victime des humains et des espèces qu’ils ont importées plus ou moins volontairement, existe toujours dans la mémoire collective et figure même comme un symbole de ces créatures parties prématurément. Même si aucune peau n’a pu être conservée, les récits historiques, reconstitutions et squelettes sont nombreux. Quant aux moas, ces oiseaux géants peuplant autrefois la Nouvelle-Zélande, leur cas est tout aussi différent et intéressant. De leur vivant, ils n’ont connu les Hommes (les ancêtres des maoris) que l’espace de quelques années et ont disparu rapidement après leur arrivée. Cohabitation trop brève, et surtout prématurée dans l’histoire des sciences, pour être sujette à une quelconque description. La civilisation maorie ayant une culture orale, aucun témoignage d’observation directe ne put parvenir jusqu’à nous, mais les recherches ont permis de mettre à jour un nombre important d’ossements ainsi que de parties molles momifiées (peaux, muscles, plumes,…) à la faveur de conditions de conservation idéales. Neuf espèces de moas ont ainsi pu être identifiées. Le fait de n’avoir cohabité que quelques années avec l’Homme fut désastreux pour eux, mais dans leur malchance quelque chose a survécu.

Les perroquets de Guadeloupe n’ont pas eu cette chance. Ils ne correspondent à aucun des trois cas de figure présentés précédemment. Des observations directes eurent lieu et certaines même sont répertoriées, mais l’existence de ces oiseaux ne s’est pas éternisée lorsque les Européens ont débarqué. Aucune peau, aucun spécimen naturalisé et aucun squelette ne figurent dans les tiroirs poussiéreux d’un quelconque musée ou dans une collection privée. Ces oiseaux ont presque disparu dans l’anonymat. Il ne subsiste d’eux que de rares témoignages écrits, plus ou moins fiables, datant des XVIIème et XVIIIème siècles ainsi que, depuis quelques années, de trop rares ossements. C’est peu, très peu. Les preuves d’une existence de perroquets en Guadeloupe sont avérées, c’est un fait, mais ces preuves soulèvent encore beaucoup d’interrogations. Comment étaient-ils ? De quelle taille ? De quelles couleurs ? Quels furent leurs comportements, leurs habitudes alimentaires ? Quelle était la nature de leurs interactions avec l’Homme ? Etaient-ils chassés pour leur viande, leurs plumes ou pour devenir animaux de compagnie ? Leur présence est-elle antérieure à celle des premiers Amérindiens ou les accompagnaient-ils lorsqu’ils ont commencé à peupler ces îles ? S’agissait-il d’espèces endémiques strictes ou occupaient-elles un territoire plus vaste ? Les questions sont encore nombreuses concernant ces oiseaux et beaucoup d’entre elles ne trouveront peut-être jamais de réponse. Et puis au fait, de combien d’espèces parlons-nous ?

 

Quid du nombre d’espèces

La liste des oiseaux de Guadeloupe dressée par Amazona, une association locale très active ayant pour vocation la protection et l’éducation à l’environnement, révèle bien des secrets à qui s’y penche dessus avec intérêt. Deux espèces sont nommées comme éteintes et pourraient bien être les seuls psittacidés natifs de l’île aux belles eaux : Conure de Guadeloupe et Amazone de Guadeloupe. Notons qu’une troisième apparaît comme hypothétique, l’Ara de Guadeloupe. En jetant un petit coup d’œil sur Wikipedia, ces trois espèces deviennent toutes hypothétiques et reconnues par aucune autorité taxinomique. Davantage intéressant encore, dans l’ouvrage de 1907 rédigé par Walter Rothschild, Extinct birds, recensant les espèces d’oiseaux disparus, une nouvelle surprise vient se glisser entre les lignes, une quatrième espèce aurait vécu en Guadeoupe : Anodorhyncus purpurascens ou Ara violet. Il y a de quoi s’y perdre. Comment passer de quatre espèces à deux, ou aucune selon les sources ? Les études et les recherches nous éclairent de plus en plus sur l’histoire ornithologique de la Guadeloupe et des îles alentours, et c’est peut-être en explorant les bouts de terre voisins que la lumière se fera.

Dans l’étude nommée « The Historic and Prehistoric Distribution of Parrots (Psittacidae) in the West Indies », Williams et Steadman répertorient près d’une cinquantaine d’espèces et sous-espèces ayant vécu ou vivant encore dans les Caraïbes, mettant tout de même en garde sur le fait qu’un doute subsiste pour certaines d’entre elles, et que des recoupements d’informations sont nécessaires quant à leur validité. De plus, il est important de préciser que quelques espèces n’existent que par des traces dans les écrits ou par des fossiles et qu’à ce jour aucun spécimen ne figure dans les collections de musée. Comme nous l’avons déjà évoqué, les perroquets de Guadeloupe répondent à plusieurs de ces critères, mais ils sont loin d’être les seuls.

Parmi cette cinquantaine de psittacidés, 17 espèces (dont la très grande majorité sont des amazones) survolent encore les forêts antillaises et si nous zoomons sur les îles entourant l’archipel guadeloupéen, nous pouvons remarquer que l’île de la Dominique, éloignée seulement de quelques kilomètres des cotes australes de Marie-Galante et des Saintes, en compte deux. Ces deux espèces de perroquets sont l’Amazone impériale (Amazona imperialis) et l’Amazone de Bouquet (A. arausiaca). Deux espèces qui pourraient se révéler proches de l’Amazone de Guadeloupe (A. violacea), à moins que cette dernière ne soit en réalité l’une des deux autres.

Amazone de Sainte-Lucie light-3193L’une des 17 espèces de psittacidés survivant dans les îles des Caraïbes, l’Amazone de Sainte-Lucie (Amazona versicolor). (photo de Frantz Delcroix)

 

L’Amazone de Guadeloupe (Amazona violacea)

C’est en explorant les différents textes historiques qu’il sera, dans une certaine mesure, possible d’établir une carte d’identité de l’oiseau. Il sera tout de même nécessaire de recouper les informations, de les comparer et d’effectuer un tri le cas échéant. En effet, les témoignages ne correspondent pas toujours et certaines espèces décrites ne sont pas guadeloupéennes mais y sont seulement maintenues en captivité. Néanmoins, il est possible de se donner une idée assez claire de l’animal et de trouver disséminés au fil des pages quelques précieux renseignements quant à leurs comportements.

Les amazones sont des perroquets originaires d’Amérique du Sud et centrale ainsi que des îles des Caraïbes, en majeure partie de couleur verte et d’une taille variant d’un peu plus d’une vingtaine de centimètres pour les plus petites espèces à plus d’une quarantaine pour la plus grande, l’Amazone impériale.

Amazone de Sainte-Lucie light-3273Amazone de Sainte Lucie (Amazona versicolor) (photo de Frantz Delcroix)

 

Une description relativement précise

C’est en 1654 que la première mention de l’Amazone de Guadeloupe est recensée. Elle s’appelle alors tout simplement perroquet. Il prend vie aux yeux des naturalistes européens sous la plume de Jean-Baptiste Du Tertre, un botaniste français, comme étant « presque gros comme une poule ; il a le bec et les yeux bordés d’incarnat ; toutes les plumes de la tête, du cou et du ventre sont de couleur violette, un peu mêlée de vert et de noir, et changeantes comme la gorge d’un pigeon ; tout le dessus du dos est d’un vert fort brun ; les grandes pennes des ailes sont noires ; toutes les autres sont jaunes, vertes et rouges, et il a sur les couvertures des ailes deux taches en forme de roses et des mêmes couleurs ». Des propos repris par Buffon plus tard dans sa description du Crik à tête violette, un synonyme qu’il donne à notre perroquet.

De quoi déjà se faire une représentation assez réaliste de l’animal, d’autant qu’en 1664, Du Tertre complète sa description : « Quand il hérisse les plumes de son cou, il s’en fait une belle fraise autour de la tête, dans laquelle il semble se mirer comme le paon fait de sa queue » 

Jean-Baptiste Labat, un pasteur français, en étant tout de même moins précis, confirme en partie les dires de Du Tertre. Dans son Nouveau voyage aux isles de l’Amérique, il écrit que les Perroquets « de la Guadeloupe sont un peu moins gros que les aras ; ils ont la tête, le col & le ventre de couleur d’ardoise avec quelques plumes vertes & noires; le dos est entièrement vert, les ailes sont vertes, jaunes & rouges ».

La tête, le cou et les parties inférieures d’une couleur violette pour l’un, ardoisés pour l’autre, puis en 1760, bleu cendré pour Mathurin Jacques Brisson. Des teintes somme toute, relativement proches, d’autant que Du Tertre suggère que les plumNumériser 1es formant sa collerette sont iridescentes, les qualifiant de « changeantes comme la gorge d’un pigeon ». Si le consensus semble être de mise, c’est en ce qui concerne les plumes des ailes que nous allons trouver un désaccord. En 1907, dans l’ouvrage Extinct Birds de Walter Rothschild, l’illustration qu’en fait John Gerrard Keulemans n’est pas tout à fait fidèle aux descriptions de Du Tertre, présentant un perroquet aux ailes essentiellement jaunes terminées par des rémiges vertes. En 1916, Robert Ridgway critique cette représentation mettant en avant que Du Tertre désignait seulement les primaires proximales comme étant jaunes et non les couvertures. Notons que Du Tertre mentionnait également que les « grandes pennes des ailes sont noires ». Ainsi, si on s’en réfère à ces dernières rectifications, l’Amazone de Guadeloupe pouvait ressembler à l’illustration ci-contre.

 

Alimentation animale… et humaine

Il est également possible de trouver, dans les textes anciens, des indices concernant le comportement et notamment l’alimentation ou la nidification de l’Amazone de Guadeloupe. Ainsi, en 1664, Du Tertre toujours, prête à ce perroquet une «  voix forte », il poursuit en soulignant le fait qu’« il parle très distinctement, et apprend promptement, pourvu qu’on le prenne jeune ».

Buffon, reprenant le botaniste, fait remarquer, par quelques informations relevant à la fois de l’alimentation du perroquet en question et de celle des habitants de l’archipel, et pouvant se révéler être à l’origine de la disparition prématurée de l’espèce, que « les colons françois lui faisoient une terrible guerre dans la saison où les goyaves, les cachimans, etc ;, lui donnent une graisse extraordinaire et succulente » . De même dans le premier volume de son Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières, Pierre André Latreille complète ses propos : « Ce perroquet est aujourd’hui très rare à la Guadeloupe, où on lui fait une terrible guerre à cause de la bonté de sa chaire ». Buffon va encore plus loin en nommant Du Tertre et Labat. Il leur fait dire, références à l’appui, « que la chair de tous les perroquets d’Amérique, contracte l’odeur & la couleur des fruits & des graines dont ils se nourrissent ; qu’ils ont une odeur d’ail lorsqu’ils ont mangé du fruit d’acajou, une saveur de muscade & de girofle lorsqu’ils ont mangé des fruits de bois d’inde, & que leur chair devient noire lorsqu’ils se nourrissent du fruit de génipa, dont le suc, d’abord clair comme de l’eau, devient en quelques heures aussi noir que de l’encre. Ils ajoutent que les perroquets deviennent très gras dans la saison de maturité des goyaves, qui sont en effet fort bons à manger ; enfin que la graine de coton les enivre au point qu’on peut les prendre avec la main. »

En 1667, le même Du Tertre complète sa description par un élément portant sur sa nidification. « Nous en avions deux qui firent leur nid à cent pas de notre case, dans un grand arbre. Le mâle et la femelle couvoient alternativement, et venoient l’un après l’autre chercher à manger à la case, où ils amenèrent leurs petits dès qu’ils furent en état de sortir du nid ».

 

Extinction et renaissance

En 1779, Buffon déclarait l’Amazone de Guadeloupe comme étant devenue très rare et évoquait même sa possible disparition. L’ornithologue américain James Greenway suggère que les colons français et leurs esclaves ont décimé l’espèce pour se nourrir. Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux de Du Tertre. La pression exercée par l’être humain, que ça soit par la chasse, la destruction des habitats ou le marché des animaux de compagnie, a contribué à effacer les populations de perroquets de la surface de la Guadeloupe. Aujourd’hui, ces mêmes facteurs perdurent et mettent toujours à mal les différentes populations d’amazones subsistant dans les îles des Caraïbes.

Autant la description de l’Amazone de Guadeloupe est assez précise, autant sa classification est délicate et soulève encore de nos jours quelques polémiques dans le milieu des professionnels. Décrite pour la première fois, nous l’avons vue, par Du Tertre puis par Labat, et enfin par John Latham qui la nomme Ruff-necked Parrot (littéralement Perroquet à collerette en français), c’est finalement le naturaliste allemand Johann Friedrich Gmelin qui la nomme Psittacus violaceus en 1789 dans son Systema Naturae, et qui, par la même occasion, lui redonne un petit souffle de vie.

Rien ne change pendant un siècle, et en 1891, le zoologiste italien Tommaso Salvadori inclut notre oiseau dans une liste de synonymes du Papegeai maillé (Deroptyus accipitrinus), un perroquet vivant en Amérique du Sud et dont le seul point commun est d’avoir une collerette. Une particularité qui n’est pourtant pas propre à ces deux oiseaux, puisque d’autres espèces d’amazones en possèdent. C’est le cas notamment de l’Amazone de Saint-Vincent (Amazona guildingii) et de l’Amazone impériale (A. imperialis).

48713344226_ed4618668c_oPapegeai maillé (Deroptyus accipitrinus), espèce à laquelle l’Amazone de Guadeloupe a été apparentée. (photo d’Audric Broux)

En 1905, Austin Hobart Clark, contemporain de Walter Rothschild, en se basant sur la particularité de la collerette et sur le fait que l’Amazone de Guadeloupe et le Papegeai maillé ne sont pas de la même couleur, suggère de rapprocher l’espèce guadeloupéenne de l’espèce vivant sur l’île de la Dominique et particulièrement dans les forêts humides de moyenne à haute altitude du morne Diablotin où elle réside encore de nos jours : l’Amazone impériale. Pour se faire, il s’attarde sur les couleurs de l’Amazone de Guadeloupe, en s’appuyant sur les différentes descriptions réalisées par Du Tertre, Labat et Brisson, ainsi que sur celles des Amazones de Saint-Vincent et impériale. Il en ressort que le ton sombre de la tête, du cou et des parties inférieures pourrait n’être présent que sur le bord des plumes, comme c’est le cas pour l’Amazone impériale. Le vert, lui, pourrait être un indicateur du stade de développement de l’individu. Il en prend pour preuve le fait que le jeune de l’Amazone de Saint-Vincent est vert et rajoute que les parties supérieures vert-brunâtres sont typiques d’un immature chez cette même espèce. Enfin, il fait mention des « deux taches en forme de roses et des mêmes couleurs » citées par Du Tertre, en évoquant le fait qu’elles ne pourraient être que des plumes éparses dans les couvertures alaires. A ce titre, il dissocie notre oiseau du Papegeai maillé tout en le rapprochant du genre Amazona et conclut que les Amazones de Guadeloupe et impériale sont deux espèces très proches.

En 1967, Greenway va encore plus loin en suggérant que l’Amazone de Guadeloupe pourrait n’être en réalité qu’une sous-espèce de l’Amazone impériale et que ces deux oiseaux auraient pu former (avec l’Amazone de la Martinique, elle aussi éteinte) une super-espèce.

Dans les années 2000, la classification de l’Amazone de Guadeloupe, et particulièrement son lien avec l’espèce dominicaine, agite les plus hautes sphères ornithologiques. Les hypothèses et les théories se succèdent. En 2001, les ornithologues américains Williams et Steadman signalent un tibiotarse trouvé sur l’île de Marie-Galante, sur le site archéologique de la Folle Anse. Celui-ci se révèle plus court que celui de l’Amazone impériale et est donc attribué à l’Amazone de Guadeloupe, dont Williams et Steadman soutiennent la possible existence en jugeant que les premières descriptions effectuées au XVIIème siècle sont une base solide. Même son de cloche pour l’ornithologue anglais Julian P. Hume, en 2012, pour qui les descriptions ont été réalisées par des observateurs dignes de confiance et sur motifs zoogéographiques. A ce titre, il juge que même si l’existence de l’Amazone de Guadeloupe (mais également celle de Martinique), est basée sur des récits et non sur des preuves physiques, elle est tout à fait probable.

En revanche, entre-temps, en 2004, l’équipe de Patricia Ottens-Wainright n’est pas du même avis, trouvant que les premières descriptions n’étaient pas assez précises pour déterminer s’il s’agit d’une espèce à part entière ou de l’Amazone impériale et en 2008, Storrs Olson et Edgar Maíz concluent que l’Amazone de Guadeloupe n’est autre que l’Amazone impériale.

En 2015, Monica Gala et Arnaud Lenoble signalent qu’un os de l’ulna trouvé lui aussi à Marie-Galante ayant été attribué dans un premier temps à l’Ara des Petites Antilles (ou Ara de Guadeloupe, espèce elle aussi hypothétique) par Williams et Steadman en 2001, puis dans un second temps à l’Amazone impériale par Olson et Maíz en 2008, appartenait en réalité à l’Amazone de Guadeloupe.

Enfin en 2019, la mise à jour annuelle de The Clements Checklist of the birds of the World reconnaît officiellement l’Amazone de Guadeloupe, la notant comme « éteinte » avec une dernière signalisation en 1779, et la classant juste après l’Amazone impériale sur l’arbre phylogénétique.

 

En bref 

En résumé et au vu de toutes les informations glanées au fil des documents explorés, il nous est presque possible de dresser une carte d’identité complète de l’animal. Cette carte, aussi précise soit-elle, n’a pas permis facilement d’établir avec certitude sa classification, et le débat fut long et intense pour déterminer s’il s’agissait d’une espèce à part entière, d’une sous-espèce de l’Amazone impériale ou même de l’Amazone impériale elle-même, et ce n’est, finalement qu’en 2019 que notre espèce guadeloupéenne fut reconnue officiellement par une autorité taxinomique. Et ce pour « l’immense joie » des ornithologues guadeloupéens.

Mais l’Amazone de Guadeloupe n’a peut-être pas fini de faire parler d’elle pour autant, puisqu’en 2015, Arnaud Lenoble retrouve sa trace en cherchant les sources utilisées par Walter Rothschild pour sa description du Ara violet…

Partie 2

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