Le Caire sans l’égyptien

26 avril 2018 : Matthieu, mon collègue d’observations, va me quitter dans quelques jours pour le nord… le grand nord… Dijon et sa banlieue ! Pour finir en beauté, nous nous organisons une sortie un peu plus lointaine que dans nos habitudes. Depuis le temps que l’on se dit qu’il faut aller plus loin, il a fallu attendre qu’il trouve un travail en Bourgogne pour nous décider. C’est donc dans la Drôme que nous avons porté notre dévolu, et plus particulièrement un coin réputé pour l’observation des vautours : Rémuzat et son rocher du Caire.

Deux heures de route sont passées lorsque nous arrivons dans les Baronnies provençales. Dès lors, nous nous mettons en quête de charognards. Des falaises se dressent de chaque coté de la route longeant elle-même un cours d’eau. Il semble encore tôt pour voir les vautours planer dans le ciel, en effet la chaleur tarde à se manifester et les grands rapaces empruntent les courants d’air chaud ascendant pour prendre de la hauteur… mais une silhouette attire tout de même notre regard. Conduire ou observer il faut choisir ! A la première occasion, j’arrête la voiture sur le bas-coté. Les jumelles se fixent devant nos yeux en une fraction de seconde et apparaissent devant nous nos premiers vautours ! La journée commence sur les chapeaux de roues, d’autant que nous pouvons déjà identifier deux espèces ! Le Vautour fauve et le Vautour moine ! Bien que trop éloignée pour permettre une photo décente, cette première observation nous comble déjà de joie.

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous atteignons enfin le parking du spot d’observation et visiblement nous ne serons pas les seuls sur les lieux aujourd’hui. Un sentier nous guide jusqu’au bord de la falaise et les oiseaux chantent autour de nous (rossignol, Alouette des champs, serin, Pouillots véloce et de Bonelli, Fauvettes mélano, à tête noire et passerinette,…). Le printemps est bien installé et le soleil commence déjà a bien chauffé !

Le Rocher du Caire est une falaise impressionnante qui surplombe le village de Rémuzat mais s’il est si réputé dans le petit monde des ornithos, c’est qu’il est possible d’y observer les quatre espèces de vautours européens : Vautour fauve et moine, mais aussi Percnoptère d’Egypte et Gypaète barbu. Et le spectacle est total, à peine sommes-nous arrivés que les charognards nous survolent et nous passent au dessus de la tête.

DSC_4289Vautour fauve

DSC_4305Vautour fauve

DSC_4317Vautour fauve

Les vautours nichent sur la paroi rocheuse d’où leur présence. L’observation en ce site est quasi-assurée ! Du moins en ce qui concerne les Vautours fauves. Pour les autres rien n’est moins sûr, surtout pour les percno et gypa ! Mais croisons les doigts.

Les vautours ne sont pas les seuls oiseaux à fréquenter les lieux. Martinets à ventre blanc et Grands corbeaux sont omniprésents. Et d’autres rapaces sont également à l’honneur : crécerelle, buse, Milans noir et royal. Soudain, un vautour se distingue des autres. Bien qu’il soit à distance, il ne passe pas inaperçu, bien plus sombre et son envergure est un peu plus imposante : jusqu’à 2,95m contre 2,70m maximum pour le fauve. C’est un nouveau Vautour moine

DSC_4339Grand corbeau

DSC_4355Vautour moine

S’en suit un défilé de Vautours fauves. Certains décrivent des cercles en prenant de l’altitude. D’autres redescendent vers leur nid survolant le village. Le point de vue est exceptionnel.

L’un d’eux se pose non loin de nous pour récupérer des branchages en vue de la confection du nid et décolle végétation au bec !

Quelques minutes plus tard, deux rapaces nous sortent de nos observations habituelles. Nous avons la sensation étrange d’être les seuls à les repérer… et effectivement, personne ne semble remarquer le spectacle furtif qui se déroule au dessus de nos têtes. Les deux oiseaux arrivent, paraissent se chamailler et se séparent. Cela ne dure que quelques secondes et à bonne distance, les photos ne sont vraiment pas terribles, mais nous avons bien vu un Vautour moine et un jeune Gypaète barbu.

DSC_4458Vautour fauve

La suite des observations se limite aux Vautours fauves… mais quelles observations !

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Nous rentrons finalement la tête pleine de vautours et de fous rires mémorables. Nous n’aurons pas vu le Percnoptère d’Egypte, mais qu’importe, on a vu les trois autres. Il est tant de dire au revoir à Matthieu, « Bon vent l’ami et à dans 6 mois ! »

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