Traquer le traquet

12 novembre 2018 : Comme souvent lorsqu’il me manque un peu de motivation, c’est un oiseau considéré comme rare qui me donne un coup de fouet. Cette fois-ci, c’est un individu d’une espèce qui fait partie d’une des familles que j’aime particulièrement. Les Muscicapidés, la famille des tariers, gobemouches, rougequeues,… c’est une famille nombreuses qui compte pas moins de 328 membres et c’est un cousin nord-africain qui a décidé de nous rendre visite cette année. Il se trouve qu’il stationne dans la garrigue à quelques kilomètres de chez moi et qu’il n’a pas l’air de vouloir s’en aller. L’occasion est trop belle.

Je prends les dernières infos concernant le lieu, que par chance je connais un peu. Enfin je connais surtout la route qui passe devant cette portion de végétation méditerranéenne. En revanche, je ne connais pas les sentiers à l’intérieur des terres. Je regarde sur une carte le chemin qu’il faudra que j’emprunte. La chance frappe toujours deux fois au même endroit ! Il est souvent observé près d’une bergerie qui me sera difficile de rater. L’oiseau, lui, peut être parti. Dernier coup d’oeil à la météo, de la pluie est prévue pour les quelques jours suivants, si je veux le voir, c’est aujourd’hui !

Une vingtaine de minutes sont passées et j’arrive à proximité du lieu. Je ralentis, je ne sais pas où est l’entrée, quelle piste prendre. Deux voitures sont garées sur le bord de l’une d’elle. Il me semblait avoir vu que l’entrée était plus loin, mais je fais le mouton. Je me gare derrière un des véhicules et continue à pieds. Je ne vois personne, et des sentiers partent dans tous les sens. Je choisis celui qui monte. Quelques minutes plus tard, je croise un homme avec un appareil photo et vu l’objectif dont il est équipé, l’objet de sa visite ici ne fait aucun doute. Quelques mots échangés, il me confirme qu’il a vu l’oiseau en question et m’indique la direction à prendre, une piste DFCI qui me mènera droit à l’entrée de la bergerie.

Effectivement, quelques minutes de plus et me voilà à une intersection. Sur ma droite une barrière barre la route menant à la bergerie, devant moi court encore la piste. Selon les différentes observations, l’oiseau serait par là, proche de la barrière. Il est bien stipulé également, et c’est normal, de respecter la propriété privée. L’observation se fait donc d’ici, une zone délimitée par une barrière et par une sorte de butte d’une cinquantaine de centimètres de haut et qui, en longueur, délimite toute la parcelle.

Je scrute les alentours mais ne vois pas l’oiseau en question. D’autres espèces sont bien présentes par contre (chardonnerets, soulcis, pinsons, bergeronnette,…) mais pas l’ombre d’un Traquet du désert puisque c’est de lui dont il s’agit. Je balaye de mes jumelles les alentours, le sol, car il aime bien se poser sur les cailloux aussi bien que le sommet des arbustes. Mais pour l’instant rien de rien… Des Moineaux soulcis s’envolent comme un seul oiseau quelques fois, mais toujours pas de traquet.

Une voiture se détache de la bergerie et grossit de plus en plus. Alors qu’elle arrive à quelques dizaines de mètres de la barrière, un oiseau décolle. C’est lui ! Il n’était pas loin, mais certainement perché sur une pierre hors de portée de mon champ de vision. Le passage du véhicule a du lui faire peur et l’oiseau s’est envolé… Je le suis du regard, et comme la voiture, il grossit de plus en plus, jusqu’à se poser à quelques mètres de moi.

DSC06645Traquet du désert

Le Traquet du désert ne porte pas très bien son nom, s’il fréquente les zones sèches et arides de la cote atlantique marocaine, on ne le trouve pas dans le désert proprement dit. Il préfèrera les steppes et les sols caillouteux. Son aire de répartition ne se limite pas à l’Afrique du nord, on compte quatre sous-espèces dispersées du Maroc à l’ouest jusqu’à la partie occidentale de la Chine à l’est, en passant par l’Egypte, l’Himalaya ou encore la Mongolie.

Il s’envole à nouveau… pour se reposer quelques mètres plus loin. Puis se renvole une nouvelle fois pour entrer dans la zone interdite où il se tient en évidence perché sur une branche. Proie repérée, il attrape au vol un petit insecte volant et vient se reposer. Il se nourrit toutefois principalement au sol où il peut chasser fourmis et autres vers de terre.

DSC06666Traquet du désert

La balet continue, puis commence une partie de cache-cache dont je sortirai vainqueur. Il faut dire que l’oiseau ne se montre pas très farouche et à plusieurs reprises il vient se poser sur la digue de pierres. Ca me va !

DSC06657Traquet du désert

DSC06662Traquet du désert

DSC06675Traquet du désert

Peut-être lassé par cette séance photo qui n’en finit pas, il décide de me fausser compagnie et s’éloigne. Je le vois au loin, perché en évidence, mais me résous à à cette même évidence. S’en est fini pour aujourd’hui. J’y retournerai peut-être demain avec Matthieu, ou peut-être irons-nous tenter de voir l’Aigle impérial qui se trouve en Camargue gardoise depuis quelques jours… Et si on faisait les deux !

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3 réflexions sur “Traquer le traquet

  1. oh oui, j’avais loupé ce magnifique traquet!!!! je ne connais que le traquet pâtre qui, chez moi, se voit souvent perché sur le haut des fleurs de colza 🙂
    il est sûr que j’avais loupé cette lecture car je t’aurais signalé un doublon ici: mais me résous à à cette même évidence 😉

    Aimé par 1 personne

    • C’est le même oiseau. Si les deux noms sont acceptés, le nom le plus souvent utilisé reste « Tarier pâtre ». C’est d’ailleurs celui que j’utilise et celui présent sur les guides de référence, comme le Guide ornitho. 🙂

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