Bol d’air et tasse d’été

8 juin 2018 : C’est fini ! Nous sommes de retour à Québec ! Nous sommes dans notre dernier motel. Demain, nous reprendrons l’avion avec, nous l’espérons, moins de péripéties qu’à l’aller. Les deux derniers jours n’ont été que marches et découvertes… et marches… nous pouvons dorénavant calculer nos statistiques : 19km par jour, 224 km cumulés sur la totalité du voyage avec deux pics à plus de 27km/jour ! Deux pics qui correspondent aux deux derniers jours : les jours au Parc National de la Jacques Cartier.

Deux jours qui ont été marqués par une cascade introuvable, dissimulée dans la forêt et une traversée de rivière périlleuse mais amusante. Deux jours terminés par une observation de porc-épic, une nouvelle, mais celle-ci n’avait rien d’habituelle.

Nous sommes épuisés, nous avons marché 27km hier, et aujourd’hui nous avons déjà franchi la barre des 20 depuis quelques centaines de mètres… nous avons trouvé cette fameuse cascade. Satisfaction. Même si elle n’était pas aussi impressionnante que nous l’espérions, le chemin pour y arriver et les moments de rigolade qu’elle et sa quête ont provoqués sont gravés dans nos mémoires. Devant nous s’étend désormais la route, nous sommes à la recherche de notre voiture, garée sur un parking… Nous ne nous relâchons pas, nous avons trouvé notre rythme, si nous faiblissons maintenant, il nous sera difficile de repartir. Alors nous inventons des jeux pour ne pas voir le temps et la distance passer, et puis… le porc-épic nous sort de notre conversation. A une centaine de mètres devant nous, il traverse la route et va se réfugier dans la végétation. « Pourvu qu’on ne le trouve pas ! », ce sont ces mots, étrangement, qui sortent de nos bouches. Nous savons très bien que si, au moment de passer à l’endroit où il s’est caché nous le voyons, nous allons rester à l’observer et aurons du mal à repartir. 

Nous ne le voyons pas… enfin pas tout de suite… au dernier moment, alors que nos pieds ont déjà repris leur marche en avant, je m’écrie  » Sur l’arbre ! ». Nous nous figeons. Nous ne pouvons pas passer à coté de ça. Déjà parce que nous sommes fans de cet animal et puis parce que sur nos quinze jours d’aventures québécoises et notre, peut-être, vingtaine de porc-épic observés, c’est la première fois que nous observons un tel comportement. Nous en avons bien vu un couché sur sa branche, mais nous n’en avions surpris aucun en pleine ascension. L’occasion est trop belle et si comique. L’animal est fidèle à lui même et à la réputation qu’il s’est forgé dans notre esprit. Il grimpe doucement mais habilement. Et tous les trois « pas » environ, il s’arrête pour grignoter quelques feuilles, et poursuit sa route verticale. Un grand moment !

DSC06398Porc-épic

Deux jours marqués également par des paysages incroyables… des forêts fascinantes peuplées d’arbres toujours plus magnifiques, aux formes improbables, chacun ayant sa particularité. Certains semblent s’entasser sur eux mêmes, les racines se prenant les unes sur les autres sans savoir laquelle gagnera la course. D’autres se figent sur des rochers, se développent en les embrassant et laissent deviner une silhouette inquiétante , paraissant tout droit sortie du dessin animé de Disney, Blanche-neige et les sept nains, à qui le découvrirait en pleine nuit. Les plus sages s’alignent en rangs ordonnés, droits, fiers, et s’ouvrent délicatement sur un point de vue à couper le souffle.

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Deux jours marqués également par l’apparition de petites bêtes. Certaines sont communes, des petites bêtes poilues que nous avons pris l’habitude de voir au fil de nos randonnées, qui se faufilent entre les arbres à l’approche du visiteur ne les découvrant qu’au dernier moment. Vifs et insaisissables, pas toujours aisés à immortalisés, les plus forts à ce petit jeu là sont les Tamias rayés.

Ce ne sont pas les seuls à s’échapper devant les pieds, et ceux-là sont observés pour la première fois. Discrets et mimétiques, lorsque la semelle s’approche dangereusement, l’amphibien se déplace de quelques bonds pour s’immobiliser à nouveau, faisant confiance à sa livrée « camouflage ». Statique au milieu des feuilles mortes, lorsqu’il est repéré, le Crapaud d’Amérique est beaucoup plus simple à photographier que le rongeur.

DSC06347Tamia rayé

DSC06323Crapaud d’Amérique

Deux jours marqués par quelques observations ornithologiques également, mais peu de nouveautés. Les grives sont omniprésentes dans les bois. Discrètes comme beaucoup d’autres habitants de la forêt, pas toujours évidentes à identifier au milieu des feuillages. Il suffit souvent d’une petite ombre mal placée ou d’un mauvais angle de vue pour que l’identification devienne presque impossible… aussi, je profite lorsque l’une d’elle s’aventure à découvert.

DSC05885Grive à dos olive

Moucherolle des aulnes ou Tarin des pins, tels sont les habitants de ces forêts. Malgré le silence de la journée, la forêt n’en demeure pas moins habitée et ceux qui échappaient encore à mon appareil photo se sont montrés plus dociles ici.

DSC06329Moucherolle des aulnes

DSC06389Tarin des pins

Deux jours pour terminer notre séjour. Un séjour qui se révéla très productif et fructueux, pendant lequel nous avons pu admirer la vie sous toute ses formes, supporter des écarts de température conséquents allant de 3°C à 28°C, marcher dans la neige, prendre le bateau et contempler des géants des mers et des falaises gigantesques, plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux différentes et une quinzaine de mammifères, bien plus que ce que j’aurai pu espérer…

Un jour je reviendrai certainement, mais pour l’heure j’ai déjà les yeux tournés vers l’avenir et le prochain voyage, ça sera fin novembre pour une île qui a la particularité d’avoir la plus grande concentration d’espèces d’oiseaux au kilomètre carré au monde ! Petit indice : c’est en Asie !

DSC05714Bruant familier

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18 réflexions sur “Bol d’air et tasse d’été

  1. Toujours très sympa. Alors pour l’île du prochain voyage, des indices? Je penche pour l’Indonésie, mais qu’elle île en particulier. Il y a des oiseaux endémiques dans le nord Sulawesi. Si j’ai bien identifié la destination, on pourrait se croiser, tout dépend quand commence ‘fin novembre’, pour nous ce sera le retour.

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  2. eh oui j’avais loupé cet article et me demandais justement où était la fin du voyage canadien! 😉
    heu….. »Deux jours terminés par une observation de porc-épic, une nouvelle, mais celle-ci n’avait rien d’habituelle »…..une nouvelle, quoi?
    l’arbre de blanche-neige est exceptionnel!
    aucune idée pour ta prochaine destination; j’attends la surprise! lol!

    Aimé par 1 personne

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