C’est la mer qui prend l’homme

18 novembre 2017 :  Un peu déjà la tête à la Guyane mais pas encore entièrement, départ dans une semaine ! Ca se rapproche doucement… et mes affaires ne sont pas pressées de se rassembler toutes seules. Ce n’est pas aujourd’hui que je les aiderai. Aujourd’hui, je sors. Aujourd’hui, je m’évade. Aujourd’hui, je pars en mer ! Je profite de cette date, car je sais que je ne pourrai pas faire les deux prochaines sorties ! Malédiction ? Oui et non ! Je suis généralement le chat noir de ces sorties, il suffit que je m’inscrive pour qu’elles soient reportées… c’est déjà arrivé plusieurs fois. Mais si je rate les sorties de décembre et janvier, cela n’a rien à voir avec cette malédiction, je serai respectivement en Guyane et en Angleterre. Pour une fois, la malédiction a du bon !

Il s’agit de la première sortie en mer de la saison (novembre à mai), et ma deuxième de l’année 2017 après celle du mois de mars. Ce n’est clairement pas la meilleure période pour les observations. On peut toutefois espérer croiser quelques migrateurs, mais le principal du troupeau est passé et les hivernants ne sont pas encore arrivés. Nous partons donc, en quête d’oiseaux pélagiques « classiques ». Le principal intérêt de ces sorties, c’est qu’elles nous permettent de changer d’air et d’observer des oiseaux que l’on ne verrait pas ou peu, ou en tout cas pas dans d’aussi bonnes conditions, sur le rivage. Au programme du jour, si tant est qu’on puisse en élaborer un en avance : Goélands leucophées, Mouettes mélanocéphales, Fous de Bassan et probablement Puffins yelkouans !

Top départ ! Nous quittons le port de la Grande-Motte, direction le large ! Le temps est plutôt beau, la mer calme, la lumière douce : les conditions sont presque parfaites ! Déjà derrière nous, commence à s’agiter et à grandir à vue d’oeil le groupe de goélands. Les Mouettes rieuses se font de plus en plus discrètes, une Aigrette garzette transperce le ciel, un Grand cormoran poursuit le bateau à distance avant de quitter le sillage. Rapidement les goélands se font nombreux, et surprise, un Goéland brun, moins commun, rejoint les traditionnels leucophées. Il dénote au milieu des plumages gris clairs, avec sa robe sombre. Première surprise du chef ! Et si finalement, nous nous dirigions vers une sortie plus fructueuse qu’imaginée au départ ? C’est également le moment qu’a choisi le premier puffin pour se montrer.

DSC_2510Puffin yelkouan

DSC_2822Puffin yelkouan

Je ne perds pas une miette de sa prestation ! J’adore cet oiseau ! Les puffins, en règle générale ! J’aime les voir frôler les flots, danser avec les vagues, se jouant insolemment des éléments ! Ils sont maintenant trois ou quatre, peut-être cinq ou un peu plus, à virevolter dans le sillage du bateau, fondant tour à tour sur un poisson jeté par dessus bord, et décollant après quelques pas sur l’eau. Je reste focalisé sur ces oiseaux alors que les stars commencent à arriver ! Les Fous de Bassan débarquent ! A coup sûr, les oiseaux les plus attendus des photographes. C’est un juvénile qui va se montrer le plus coopératif.

DSC_2698Fou de Bassan

Il est rapidement suivi par d’autres individus. Incroyable oiseau qui a la particularité d’avoir des narines tubulaires à l’intérieur du bec afin de pouvoir effectuer ses plongeons sans encombres. Plusieurs plumages se présentent devant nos yeux, pratique pour un exercice d’identification ! Les plus jeunes sont complètement différents des adultes, et arborent une robe grise foncée. Au fil des ans, les fous perdent leur plumage foncé au profit d’une livrée blanche et deviennent adulte la quatrième année. Pour l’instant aucun adulte ne se montre mais un bel individu de troisième année, une légère tâche noire sur la tête et des ailes encore bien foncées.

DSC_2864Fou de Bassan (troisième année)

La journée avance, la sortie et le bateau avec. La lumière descend doucement nous offrant des teintes douces et légèrement orangées, mais l’arène ne désemplit pas. C’est un véritable défilé de Fous de Bassan qui se déroule devant nous. Au total, une quarantaine d’individus viendront chercher pitance à l’arrière de l’embarcation. Parmi eux, encore et toujours des jeunes, ce sont les plus courants à cette période, et c’est maintenant un deuxième année qui fend les airs et prend la pause devant l’appareil. Plus foncé que l’individu précédent, mais déjà beaucoup plus clair que le premier. Une chance de voir tous ces plumages en même temps. Observation pédagogique et didactique ! Les comparaisons sont bien plus simples à réaliser.

DSC_2895Fou de Bassan (deuxième année)

Si les Fous de Bassan sont présents en quantité, que dire des Goélands leucophées… La masse de plumes commencent à peine à s’amoindrir alors que nous nous dirigeons doucement vers notre point de départ. La liste des oiseaux s’est un peu allongée. Des Sternes caugeks, une Mouette tridactyle, une douzaine de Pingouins tordas et un Puffin des Baléares complètent le cortège ! La sortie n’est pas si mauvaise que ça, la saison débute bien.

DSC_2938Goélands leucophées

Et puis voilà notre dernier visiteur, comme pour boucler la boucle, il nous manquait le Fou de Bassan adulte, il arrive, porté par la lueur du soleil couchant. Magnifique !

DSC_2953Fou de Bassan

Le port nous ouvre ses bras, encore une belle journée d’observations qui se termine. Ma prochaine sortie en mer sera au mois de février si la météo et le nombre de passager le permettent. Mais avant… ça sera la Guyane !

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