Episode 10 : Dans la forêt lointaine

4 décembre 2017 : Je prépare mes affaires une nouvelle fois. Je pars à la découverte de la forêt, de la rivière, de la canopée… de la Guyane ! Une fois n’est pas coutume, je m’embarque dans une aventure peu faite pour moi… la vie en communauté. Je suis peut-être aussi sauvage que la nature qui va m’entourer, au moins dans un premier temps.

J’arrive au dégrad, lieu de rendez-vous et d’embarquement. C’est d’ici que la pirogue va partir, et deux heures plus tard, à naviguer sur le Kourou, nous aurons atteint notre destination : un camp en canopée. Nous ne sommes pas encore partis que déjà, j’observe les alentours et laisse mes yeux trainer un peu partout. La lumière n’est pas au beau fixe, le ciel est chargé. Cela ne m’étonnerait pas qu’on se prenne une belle averse sur le coin de la figure. Pas fan non plus de ce genre d’expérience : de la pirogue par temps de pluie. Mais peut-être allons-nous y échapper et quelques rayons perforent, au bout d’une lutte acharnée, le plafond de nuages ! Quelques Hirondelles chalybées et autres Barbacous à croupion blanc ornent les câbles électriques, je ne suis pas venu pour rien !

Hirondelle chalybéeHirondelle chalybée

Barbacou à croupion blancBarbacou à croupion blanc

Arrivé parmi les premiers, comme à mon habitude, je déteste être en retard, me voilà prêt à admirer les préparatifs. Je vois progressivement la pirogue se charger de tout ce dont on aura besoin, je compte les sièges restant et me projette déjà dans un futur proche à l’arrière de l’embarcation. Si je ne paraîs pas de très bonne humeur, ce n’est pas que je suis dans un jour particulièrement mauvais, mais j’appréhende. J’appréhende un peu, même si je sais que je ne risque rien, mais parfois savoir que je ne sais pas nager prime sur l’instant présent.

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Le départ est donné. La pirogue ne bouge pas, ne tangue pas, elle fend le Kourou à contre courant. Le temps s’éclaircit, mon moral aussi ! Tout autour de nous défile la forêt, paysage grandiose ! Mon état d’esprit de découverte refait son apparition peu à peu et je me mets à observer tous les petits recoins de berge à la recherche de je ne sais quoi de vivant. Tout me fera plaisir et penser à autre chose qu’à la profondeur du cours d’eau. Au départ, les guides nous indiquent les oiseaux qu’ils voient : une Buse blanche, quelques toucans… et puis plus rien. Ils se perdent dans leur conversation et nous oublient un peu, ou peut-être suis-je de mauvaise foi, et ils ne jugent pas les quelques oiseaux présents dignes d’intérêt pour des touristes pas particulièrement enjoués à la vue d’hirondelles et nous laissent tranquillement à profiter du moment… sauf que moi, pour profiter du moment sur une pirogue, il me faut des oiseaux… et je ne suis pas contre deux paires d’yeux supplémentaires pour me faire découvrir une boule de plumes qui m’aurait échappée !

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Je ne compte que sur moi pour compléter mes observations. Les Martins-pêcheurs à ventre roux et d’Amazonie  nous accompagnent sur tout le trajet. Posés, il décollent dès que la pirogue s’approche à quelques dizaines de mètres, suivent le cours d’eau et se reposent un peu plus loin, réalisant le même ballet à chaque passage de l’embarcation. Voila de quoi me redonner le sourire, d’autant que je surprends un Grébifoulque d’Amérique, il m’en faut peu pour être heureux. Mais la palme revient aux Hirondelles à ceinture blanche ! Magnifiques et élégantes ! Sombre, d’une belle robe bleue marine des plus sobres qui leur recouvre entièrement le corps, à l’exception d’une ceinture blanche, comme son nom l’indique, de toute beauté !

Nous voilà arrivés à destination, la pluie aussi ! C’est ici, en ce lieu précis que je soupçonne se cacher la saison des pluies… il y a bien quelques petites éclaircies qui me permettront de prendre en photo un téju qui se prélasse au soleil, mais le ciel gris domine.

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La décision est toutefois prise de faire la randonnée de l’après-midi. La pluie est quelque peu amortie par la densité de feuilles, nous sommes presque à l’abri. Le guide connait parfaitement son monde, je vais de découvertes en découvertes. Ce monde est fantastique ! J’en apprends sur les fourmis, sur la flore, et même sur les mygales qu’il nous fait sortir de leur trou. D’ailleurs à ce sujet, je suis surpris du faible nombre d’arthropodes rencontrés depuis le début de mon voyage, j’en ai d’ailleurs parlé à plusieurs personnes et toutes sont d’accord. On a une image de la Guyane grouillant de bêtes à six pattes ou plus, on redoute l’instant où on tombera nez à nez avec une grosse araignée velue dans sa chambre ou qu’on croisera une scolopendre de taille considérable sur le pas de la porte ! Mais en réalité, ces rencontres sont très rares. Il y a bien des insectes, mais il faut les chercher de nuit dans la forêt. Certes la diversité de ces petites bestioles est impressionnante, que ça soit en taille, en forme ou en couleur, mais la densité est faible… et ça ravit pas mal de monde, exceptés les naturalistes.

La forêt se termine et devant nous coule le Kourou. Des canoës nous attendent, nous rentrerons comme ça… et sous la pluie. Une de mes seules observations d’oiseaux de l’après-midi se fera à ce moment là, un vol de Barbacous noirs nous accompagne quelques secondes avant de disparaître dans l’enfer vert. Aujourd’hui, la pluie a eu raison de mes possibilités et envies de photos. J’espère que demain, le ciel nous réservera une bonne surprise.

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22 réflexions sur “Episode 10 : Dans la forêt lointaine

  1. Pour une journée que tu appréhendais et un temps maussade, je trouve que tu t’en sors pas si mal 🙂 Tu nous as fait voyager sur le kourou à tes côtés et j’y ai vu des berges sauvages à souhait, d’un vert à tomber… J’ai également découvert l’existence des hirondelles à ceinture blanche (elles sont effectivement très belles, merci le Net :)) ainsi qu’un magnifique téju se dorant la pilule 🙂 Il a pas l’air petit le gaillard dis-donc ? Enfin, tu as également fait tomber ce cliché que j’avais en tête d’une Guyane grouillant d’arthropodes… Ben oui, faut bien qu’elles trouvent à se nourrir toutes ces merveilles que tu nous montres ici et là ! Ben non pas comme ça apparemment, ou alors elles savent où les trouver elles 🙂

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