Episode 7 : Déluge

1er décembre 2017 : Aujourd’hui, on part en expédition ! La matinée est consacrée aux préparatifs ou ce qu’il en reste. Cet après-midi nous partons en forêt, je vais découvrir un nouveau milieu : les inselbergs ! Un inselberg, ou savane-roche est un relief résiduel rocheux aux pentes abruptes qui domine une plaine d’érosion… et je pense que ça vaut vraiment le détour.

Hamac, moustiquaire, corde, bâche, lampe frontale, bottes, GPS de rando… il reste encore quelques courses à faire. Nous partirons en début d’après-midi.

Après deux heures de route et de sieste, nous arrivons au pied de la savane-roche. Il nous faut maintenant monter à travers la forêt. Mais c’est le moment qu’a choisi la météo pour se gâter. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’une petite averse… la pluie s’abat sur nous sans discontinuer et de plus en plus fort. Nous entamons l’ascension sous une pluie battante, et malgré l’épaisseur de la canopée nous commençons réellement à être trempés. Nous accélérons le pas, nous souhaitons accéder le plus rapidement au sommet et nous mettre à l’abri. Nous ne prenons pas le temps de contempler le paysage, nous regardons où nous mettons les pieds, tête baissée et déterminés. Des panneaux nous indiquent les oiseaux que nous pourrions croiser (Pic à gorge jaune, Chevêchette d’Amazonie, Martin-pêcheur nain, Engoulevent noirâtre…) mais n’y prêtons pas attention. Et puis finalement nous arrivons en haut et commençons à monter le camp.

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La pluie s’estompe peu à peu mais les nuages ne disparaissent pas pour autant. L’atmosphère est lourde, toujours pesante… nous profitons des quelques rayons du soleil qui percent à travers les nuages, tout en sachant pertinemment que les gouttes peuvent rapidement refaire leur apparition. Le décor est somptueux. Nous dominons la forêt qui s’étend sous nos yeux à perte de vue et la brume s’empare de la cime des arbres. C’est à cet endroit que nous pouvons voir des aras et toucans si nous avons de la chance.

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C’est aussi ici que nous pouvons croiser les engoulevents, mais aussi le Leptodactyle de Myers, un amphibien endémique des savane-roches. Il va falloir attendre que la nuit tombe pour que la vie se réveille. La journée humide est favorable à l’observation de ces animaux. Au moins un point positif à mettre au crédit de la pluie… et alors que nous contemplons l’étendue végétale devant nous, un oiseau se pose à coté de moi. Je crois halluciner. Je l’ai vu se poser, mais en tournant la tête je ne le vois plus. Je ne distingue dans la lumière descendante qu’une pierre plus sombre que la roche sur laquelle est posée… mais en y regardant bien, je n’ai pas halluciné et l’élément prétendu minéral est bel et bien animal. C’est un Engoulevent noirâtre.

Nous délaissons momentanément notre perchoir pour nous aventurer en forêt. Armés de nos lampes frontales, nous balayons tout autour de nous à la recherche de petites bêtes grouillantes, rampantes ou bondissantes. Le but du jeu est principalement de trouver reptiles et amphibiens, mais les premières trouvailles seront araignées (dont la seule espèce mortelle de Guyane) et amblypyges. J’ai beau m’intéresser à ce nouveau monde, je garde à l’esprit qu’une petite chouette réside dans le coin et espère croiser son regard… mais une boule de plumes ne dépassant pas la vingtaine de centimètres dans des arbres qui mesurent une vingtaine de mètres paraît impossible à repérer. Si elle se mettait à chanter, ça pourrait déjà donner une indication quant à sa localisation, mais rien… enfin si… au loin, on entend des grenouilles chanter, le bruit est assez impressionnant et je n’ose me faire une idée du nombre d’individus regroupés. Sur le retour, une grenouille perchée sur un arbuste se laisse deviner. Pas farouche, elle se laisse photographier sous toutes les coutures et je dois bien avouer que ses yeux sont magnifiques. C’est un Ostéocéphale taurin.

DSC03116Amblypyge

DSC03123Ostéocéphale taurin

Nous retournons sur la savane-roche à la recherche du leptodactyle… l’attente ne sera pas longue. Il y en a un peu partout et leurs yeux reflètent la lumière de nos lampes. Nous prenons quelques photos pour immortaliser l’instant. Devant nous le vide, nous nous installons pour combler celui de nos estomacs. Moments de communion, nous ne parlons plus et savourons. Les leptodactyles brillent davantage que les étoiles… la pluie ne tombe pas mais les nuages menacent toujours. Nous décidons finalement de rentrer au camp, nous croisons sur le chemin quelques Crapauds buffles de bonne taille.

DSC03127Leptodactyle de Myers

DSC03129Crapaud buffle

L’heure a bien avancé, il est l’heure pour chacun de rejoindre ses quartiers. Désagréable surprise de constater que mon sac pourtant étanche ne l’était pas tant que ça…Mes affaires sont toutes humides, mouillées… et ça ne va pas s’arranger… j’ai néanmoins pu sauver un tee-shirt, mais ça risque d’être compliqué pour les chaussettes, et nous ne rentrons pas avant après-demain…

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12 réflexions sur “Episode 7 : Déluge

  1. tes textes sont tellement beaux, bons et soignés que je n’ai aucun scrupule (enfin presque! 😦 ) à t’en signaler les p’tites étourderies (cela dit n’hésite pas à garder mon com’ juste pour toi car ça n’intéresse personne, lol! 😉 )
    Mais c’est le moment qu’à choisi la météo pour se gâter.
    nous regardons où nous mettons les pieds, tête baissée et déterminé
    Les leptodactyle brillent davantage que les étoiles…
    et ça ne va pas s’arrangeait

    Aimé par 1 personne

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