Busard and co : L’oiseau arc-en-ciel

Un nouveau jour se lève sur les causses.  Une légère brise souffle et rafraîchit l’atmosphère. Ne vous y trompez pas, ce n’est qu’une subtile impression, autant dire que l’astre solaire va encore nous faire souffrir. Le paysage se dévoile une nouvelle fois devant nous, et comme à chaque fois, les mêmes mots résonnent dans nos têtes : « On a de la chance quand même ! », « C’est beau ! », « Il y a pire comme endroit ! ». Parfois, une de ces phrases s’échappe de notre bouche en volute. L’autre de répondre doucement, pour ne pas troubler la tranquillité du lieu, un discret « Oui ! »… d’autres fois, avec une ironie et un humour emprunts d’une ombre de désir en songeant à la chaleur qui nous attend, l’interlocuteur rétorque « Je préfèrerais travailler dans un bureau… avec la clim’ ! ». Sourires partagés.

La nature reprend ses droits, le silence d’il y a encore quelques semaines n’est plus. Un régiment de cigales a débarqué laissant en lieu et place de la quiétude, un brouhaha incessant. Il est parfois difficile de se concentrer. Fatigués, les « chants » favorisent les maux de têtes… pourtant, cela ne nous dérange pas forcément. Notre seule appréhension, si tant est que l’on puisse en arriver jusque là, chose à laquelle on doute fortement, serait d’apparenter un jour cette cymbalisation (à ne pas confondre avec la stridulation) lors de nos vacances à nos jours de travail… comment se mettre « hors-service » et décompresser lorsque les insectes nous rappellent à nos obligations ? Une hypothèse à laquelle on ne ferait pas face si on restait dans un bureau ! Mais avouons-le, avant d’être un travail, c’est une passion, alors ne nous plaignons pas… Bon, en même temps, en nous référant à l’étymologie du mot passion, on arrive à des termes peu motivants : action de souffrir, supporter, maladie, perturbation… Tout un programme.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACigale

Mais nous ne sommes pas tous loger à la même enseigne, et ce qui pourrait (et qui ne le fait pas) nous poser un problème, est une aubaine pour d’autres. L’invasion est synonyme de festin. La pauvre cigale qui a passé le plus clair de son existence sous terre, n’aura qu’une chance infime face à ce prédateur aussi efficace que coloré ! Le Guêpier d’Europe ! Parfois on trouve ce qu’on ne cherche pas, et lors de nos prospections busard, il n’est pas rare de se faire surprendre par ce volatile nous évoquant des souvenirs d’Afrique. D’une part, assez naïvement, parce qu’il nous rappelle les oiseaux colorés que l’on peut y croiser, et d’autre part, plus scientifiquement, parce qu’il en revient, tout simplement… et au détour d’un chemin, d’une butte, d’une falaise meuble et friable, en bord de route ou sur le rivage d’un cours d’eau, on croise quelque fois d’étranges trous. Il ne fait aucun doute quant à l’origine de ces fameuses galeries.

OLYMPUS DIGITAL CAMERANids de Guêpiers d’Europe

OLYMPUS DIGITAL CAMERANids de Guêpiers d’Europe

En tendant un peu l’oreille on peut entendre son cri si caractéristique qui trahit bien souvent sa présence avant même de le voir… il arrive parfois qu’on les entendent et qu’ils demeurent invisibles, et ce malgré ses couleurs vives, mais bien souvent, en observant autour de nous, on peut les apercevoir sans trop de difficulté, le plus souvent perchés en groupe en hauteur.

Guêpier d'Europe 2Guêpiers d’Europe

Et les cigales dans tout ça ? On les retrouve beaucoup moins bruyantes et beaucoup moins en forme également, à proximité des nids ou sous les perchoirs des guêpiers… enfin ce qu’il en reste ! Cigales ou autres ! Car les hémiptères ne sont pas les seules victimes de ces arc-en-ciel en plumes, et guêpes, comme laisse aisément deviner le nom des oiseaux, et autres hyménoptères, lépidoptères (papillons), orthoptères (criquets,…), ou encore odonates (libellules) font partie du menu. Menu varié oui, mais pas totalement assimilé et les parties dures et non digérées sont recrachées, environ deux heures après ingestion, sous forme de pelote, comme le font par exemple les rapaces.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPelote de Guêpier d’Europe

Les rapaces et leurs pelotes, voilà un chapitre qui serait intéressant à approfondir, et il en sera en partie question dans un prochain article. En effet, notre suivi de Busard cendré nous amène, non seulement à répertorier les nids et les jeunes, mais nous aurons également la possibilité de relever des pelotes de réjection lorsque l’occasion se présente. Mais nous n’en sommes pas encore là, pour l’heure les busards planent sous les nuages et se perdent à l’horizon. Nous rebroussons chemin, sous le regard fier et droit d’un ultime guêpier, perché sur son câble électrique.

Guêpier d'EuropeGuêpier d’Europe

Des chênes kermes, du soleil, des cigales, des busards, des guêpiers… le Sud quoi ! Que demander de plus ? On s’estime heureux. Ma collègue et moi avons un peu bourlingué, chacun de notre coté, mais tombons d’accord sur la conclusion suivante : On est bien dans l’Hérault !

Publicités

11 réflexions sur “Busard and co : L’oiseau arc-en-ciel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s