Rien ne vaut la Camargue !

Du mal à prendre du plaisir lors de mes dernières sorties… la motivation fait peu à peu défaut ! Comme me l’a fait remarqué Audric « le sens se perd dans l’habitude ». Il a le sens de la formule. J’aurais pu tourner le problème dans tous les sens, me triturer l’esprit pendant des heures, au final je me serais égaré dans des explications vous embrouillant et m’embrouillant moi même davantage. Non, c’est sûr, je n’aurai certainement pas trouvé mieux que ces quelques mots. Une de ces périodes où tout et n’importe quoi, tout et son contraire jouent contre soi ! Une de ces périodes qui suivent bien souvent un retour de voyage ! L’hiver le ciel est gris, l’été il fait trop chaud ! Une sortie solitaire que l’on aimerait partager, mais quand on est seul, la nature nous dévoile plus facilement ses charmes ! Les oiseaux ne sont pas là ! Quand ils sont là, ils sont trop loin ! Une heure de route, c’est trop long ! Les étangs, c’est toujours la même chose ! Une démotivation exacerbée par les aléas d’un appareil-photo de plus en plus capricieux. Tout ne va pas si mal, rassurez-vous, c’est l’occasion de se remettre en question, de chercher le bonheur autre part, de se redécouvrir… une étape qui peut s’avérer un peu longue, et ce quelle qu’en soit la durée, et délicate, mais il faut voir la dedans l’opportunité de se relancer, d’élaborer un nouveau projet.

Il me faut sortir ! Voir de nouveaux paysages ! Il me faut aller en Camargue ! Ca tombe bien, Thomas, un ami ornithologue, profite d’une semaine de congés pour descendre de sa Lorraine à la recherche des oiseaux méditerranéens ! Au moment où on se rejoint, il en est déjà à plus d’une dizaine de coches, chaque arrêt sur son roadtrip en direction du sud est une opportunité ! Rémuzat, le Mont Ventoux, la Plaine de Crau, et déjà une journée en Camargue ! Pas de but précis pour cette journée, juste vadrouiller et se faire plaisir ! Mais restons quand même sur nos gardes, malgré le temps triste du jour, la saison est propice aux migrateurs ! Nous ne sommes pas à l’abri de tomber sur un stagnatile et une glaréole est si vite arrivée !

Les discussions vont bon train, les sujets se succèdent entrecoupés bien souvent par une référence ornithologique ! Nous comparons nos deux régions et prenons l’exemple que nous avons sous les yeux, et qui est une coche pour moi, pourtant loin d’être rare ! La Guifette noire ! Moins présente ici que la Guifette moustac, c’est en revanche l’inverse chez lui !

DSC_1625Guifette noire

Nous continuons notre route, décidés à observer du limicole, du bécasseau pour être précis et si le temps reste couvert comme il l’est, nous pourrons peut-être envisager de faire du seawatch ! Nous nous arrêtons plusieurs fois sur la route, il faut dire que la Camargue recèle bien des surprises ! Sternes caspiennes, Goélands railleurs, Bergeronnette d’Italie, nous arrivons enfin à nos bécasseaux ! Devant nous des Bécasseaux minutes, au fond des Bécasseaux variables, quelques Grands gravelots filent à toutes pattes, un Tournepierre à collier demeure imperturbable et un Traquet motteux vient se poser ! La liste s’allonge toute seule pendant le repas !

DSC_1645Bécasseau minute

Le temps ne s’étant pas égayé, nous décidons de pousser un peu plus loin, sur la plage ! Il n’y a que des ornithos et des pécheurs pour sortir par un temps pareil ! Le gros temps fait partie du bonheur des adeptes des espèces pélagiques, c’est le meilleur moment pour observer depuis la cote des oiseaux habituellement inféodés au large ! Et en effet, cela se vérifia une nouvelle fois ! Outre les Sternes naines omniprésentes et des Guifettes noires dont je me demande comment la coche pouvait m’échapper jusqu’à présent, un Labbe parasite vient nous rendre brièvement visite ! Quel oiseau ! Des souvenirs du Svalbard, pas si profondément enfouis, refont surface ! Et puis vient le puffin, celui que j’attendais ! Le Puffin de Scopoli ! Magnifique ! Deuxième coche de la journée ! Celle-là restera sans photo malheureusement ! Le Puffin de Scopoli a été élevé au rang d’espèce il y a peu. Auparavant, il était considéré comme une sous-espèce du Puffin cendré ! La taxonomie a été modifiée et les trois sous-espèces de Puffins cendré sont maintenant des espèces : Puffin cendré, Puffin du Cap-Vert et donc Puffin de Scopoli.

Nous décidons de rebrousser chemin et de changer de département ! Comme pour nous souhaiter la bienvenue en Languedoc Roussillon, ou Occitanie puisque c’est ainsi qu’il faut désormais nommer la région, le soleil fait son apparition ! Après tout, on ne râle pas à changer le nom des oiseaux, pourquoi le ferait-on pour les régions, surtout quand le beau temps est de la partie ! Nous sommes désormais plus ou moins sur mon territoire, et Thomas compte sur moi pour cocher. Sa liste d’oiseaux français est déjà plus longue que la mienne, il faut dire que je me concentre plus sur ma liste mondiale, la France est trop petite pour moi, mais il lui manque quelques classiques du sud, à commencer pas la Talève sultane ! « N’aie crainte, on va enrager ça ! ». Pas de Chevalier stagnatile ici non plus pour le moment, mais des Chevaliers sylvains partout ! Les Echasses blanches, elles aussi, sont bien représentées !

DSC_1613Chevalier sylvain

DSC_1510Echasse blanche

Et puis il y a toujours ces oiseaux qui font plaisir à voir ! Ibis falcinelles, Crabiers chevelus, Spatules blanches, Hérons pourprés… le printemps arrive, accompagné par le beau temps lui même escorté d’oiseaux et de motivation ! Les Bouscarles de Cetti chantent à tue-tête  ! Un chant aussi puissant et sonore que l’oiseau est discret et farouche ! Je ne compte pas le nombre de fois où je suis passé à coté de ce petit oiseau marron sans le voir ! Le (ou « la », j’avoue avoir toujours le doute) Cisticole des joncs nous survole souvent avec son cri saccadé, j’apprendrai qu’il est absent en Lorraine !

DSC_1433Ibis falcinelle

DSC_1485Crabier chevelu

DSC_0676Bouscarle de Cetti

Je guide Thomas vers un étang ! Nous nous installons sur le coté, un Coucou gris se manifeste au loin et des Guifettes noires survolent le plan d’eau ! Décidément, comment ai-je fait pour ne pas les voir avant ? Un Busard des roseaux survolent la zone et crée un vent de panique dans la roselière ! Il ne faudra pas longtemps pour que je décèle la présence des talèves ! Longue-vue pointée ! Spectacle sympathique ! Non seulement les discrètes Talèves sultanes sont là, il faut savoir que parfois c’est une heure voire plus d’attente pour quelques secondes d’observations, mais elles sont accompagnées de jeunes ! Nous ne serons pas bredouilles, cette mission sera au moins validée !

DSC_1262Talève sultane

Il est déjà temps de se séparer en nous donnant néanmoins rendez-vous deux jours plus tard ! « Bon Thomas ! Demain, je ne suis pas libre, mais rdv jeudi 10h sur la place du village. Je t’ai concocté un programme aux petits oignons ! Tu m’en diras des nouvelles ! »

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28 réflexions sur “Rien ne vaut la Camargue !

  1. Haaaa la camargue 🙂
    gamin elle m’a fait rêvé, mais plutôt pour les chevaux !! Maintenant, c’est autant pour l’avifaune que j’irai bien y faire un tour.
    En tout cas,il me reste un sacré paquet d’espèces à voir en métropole !!
    Et au fait, je suis honoré que tu me cites, vraiment 🙂
    L’ibis et le crabier sortent vraiment du lot je trouve !

    Aimé par 1 personne

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