C’est pas l’homme qui prend la mer

Ce n’est pas parce que je suis rentré de voyage, que je laisse les oiseaux de coté.  Mais il faut que vous sachiez quelque chose : certains pensent que je suis chanceux dans mes observations, ce n’est pas forcément faux, mais je vis constamment sous le poids de plusieurs malédictions ! Tout d’abord celle des pics européens : je n’ai aucune photo de Pic-vert, Pic épeiche, Pic noir et autres… Il y a la malédiction du Bec en sabot, celle-là me reste encore en travers de la gorge ! Il y a également la malédiction des sorties en mer : je ne compte pas le nombre de fois où les sorties auxquelles je voulais et devais participé ont été annulées, soit faute de participants, soit à cause d’une météo peu clémente… et lorsqu’elle n’est pas annulée, il m’est arrivé de devoir me désister… d’ailleurs, les sorties auxquelles j’ai du renoncer se sont avérées très fructueuses. La malédiction jusqu’au bout !

Mais début mars, le ciel est beau, les participants sont là… et moi aussi ! Je suis sur le bateau en partance pour une après-midi en mer, et priant que les oiseaux soient eux aussi au rendez-vous ! Pour le moment, le bateau est suivi par quelques Goéland leucophées, mais nous espérons croiser quelques Fous de Bassan, et personnellement, mon coeur bat pour les puffins.

Le groupe de goélands grossit à vue d’oeil. Ce sont tous des Goélands leucophées, mais plusieurs plumages se présentent devant nos yeux, des adultes et des jeunes d’âges différents. Quelques Mouettes rieuses se rallient au mouvement mais ne restent pas longtemps. Lorsque le grand large approche, elles laissent souvent leur place aux Mouettes mélanocéphales, nous verront bien ce qu’il en est cette fois. Pour l’instant, attirés par les poissons jetés à l’arrière du bateau, pratique contestable et que je ne cautionne pas à 100% mais nécessaire si on veut observer des oiseaux en mer, les goélands ne nous lâchent pas d’une semelle.

DSC_1064Goéland leucophée

DSC_1017Goéland leucophée

Visiblement les Mouettes mélanocéphales ont leurs petites habitudes. En voilà une qui se fond dans le groupe de goéland. Plus petite, plumage entièrement blanc dessous, bec fort et rouge, tête noire ou en train de le devenir, l’identification de ce laridé ne pose pas vraiment de problème. Deux ou trois autres se rajoutent à la foule et sont rapidement remarquées. Certaines passent très près du bateau, longent le bateau avant de faire demi-tour et de revenir chercher leur pitance à l’arrière.

DSC_0818Mouette mélanocéphale

Le micro s’emballe. Un Puffin est annoncé ! Un Puffin Yelkouan ! Une des trois espèces de puffin fréquemment rencontrées lors de ces sorties et la seule que j’ai déjà en photo ! Mais je ne boude pas mon plaisir, ces oiseaux sont mes nouveaux chouchous depuis mon voyage aux Falkland. J’aime les voir danser avec les éléments souvent déchainés, caressant délicatement la surface de l’eau comme une provocation. Bien plus petit que les autres visiteurs du jour, ils se repèrent également très facilement. Quelques individus se succèdent, récitant toujours la même partition. Ils se faufilent entre les goélands et plongent, ressortant quelques secondes plus tard, se laissent flotter puis se mettent à courir sur l’eau pour prendre de l’élan, contournent le bateau et recommencent. La chorégraphie est bien huilée.

DSC_0879Puffin yelkouan

DSC_0912Puffin yelkouan

Tout le monde s’agite sur le pont ! La superstar débarque ! Un Fou de Bassan adulte s’impose dans les airs mais ne restera que quelques secondes. Comme toute star, il sait se faire désirer. Il nous gratifie d’un ou deux plongeons, fendant les airs de façon spectaculaire et de ce fait, n’offrant que très peu de chance à un poisson… déjà mort. Aussi vite que ce qu’il est arrivé, il est reparti ! Certains esprits sont frustrés par la brièveté de la rencontre, mais c’est la nature ! C’est elle qui décide ce qu’elle veut nous montrer. Je m’estime déjà heureux de participer à cette sortie alors je ne vais pas chipoter, d’autant que j’ai déjà eu la chance de voir des puffins.

DSC_0952Fou de Bassan

La scène suivante s’exécute loin devant. Tout le monde traverse le bateau. Il faut dire que les oiseaux qui s’enfuient à notre approche ne sont pas ceux auxquels on pense en premier lorsqu’on parle de Méditerranée. Mais cette rencontre n’a rien d’exceptionnelle pour autant, les Pingouins torda, puisque c’est d’eux dont il s’agit, sont annuels sous ces latitudes et ont été trahi par les quelques Mouettes pygmées qui virevoltent autour d’eux. Si ce n’est pas tout à fait une première pour moi, en revanche c’est bel et bien une première en plumage hivernal. Et puis, c’est la classe de pouvoir dire qu’en l’espace d’un peu plus d’un mois, j’ai pu voir manchots et pingouins !

DSC_0987Pingouin torda

Le ballet des Goélands leucophées continuent. Ils ne se laissent pas le moins du monde impressionner par les aléas et aller-retour des humains qui les observent, puis les délaissent pour une espèce plus « sexy ». Ils continuent leur petite vie comme si de rien n’était, obnubilés par les poissons jetés par dessus bord. C’est le moment qu’à choisi un autre Fou de Bassan pour faire son apparition. C’est un jeune cette fois, mais comme son prédécesseur, il ne fera que quelques tours avant de disparaître.

DSC_1007Goéland leucophée

DSC_1148Fou de Bassan

« PUFFIN DES BALEARES ! », voilà le message délivré par les haut-parleurs ! Là, ça m’intéresse ! Deuxième des trois puffins potentiellement observables ! Magnifique ! Je suis définitivement sous le charme ! Ce n’est pas qu’il est spécialement beau, le charme opère dans l’attitude. L’élégance ! La prestance ! Je suis troublé, mes jambes en tremblent, je n’arrive pas à l’immortaliser ! Ma mise au point ne se fait pas, je prie qu’il refasse un tour après chaque tentative infructueuse. Il passe, revient, plonge, repart, ne se montre pas toujours sous son meilleur profil… mais tout ça rajoute un peu plus de mystère à la rencontre, du charme à l’animal. Et finalement, je parviens à l’enfermer sur ma carte SD ! Quelques tours plus tard, il disparaitra.

DSC_1034Puffin des Baléares

Il est temps de rentrer au port. Le temps passe vite lors de ces sorties. Quelques photos acceptables et une coche, mon bilan est plutôt positif. Ai-je conjuré le mauvais sort ? Pas sûr ! J’ai du annuler ma présence à la sortie du mois d’avril… j’aurai pu y faire deux coches et admirer une trentaine de Grands dauphins ! La sortie du mois de mai, à laquelle je ne me suis pas inscrit, aurait pu m’offrir trois coches supplémentaires ! La prochaine sera au mois d’octobre…

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