Central Park Safari : The Reservoir

C’est reparti ! Je m’éloigne progressivement du sous-bois, l’oeil alerte, aux aguets, à l’affût. Le moindre mouvement, le moindre petit bruit suspect, la moindre petite forme inhabituelle, silhouette non identifiée sur une branche sera auscultée en détail, scrutée avec passion… mais rien de neuf. Toujours les mêmes espèces et, néanmoins, toujours le même plaisir. Central Park est un terrain de jeu insoupçonné, particulièrement intéressant, riche en densité et en diversité…

Je me dirige vers The Reservoir, principale étendue d’eau située approximativement au centre du poumon vert de Manhattan, dernier site de mon exploration du jour, et dernier espoir pour moi d’y observer Garrot albéole et Harle couronné, deux espèces d’oiseaux d’eau atypiques, bien connus des nord-américains mais complètement nouveau et fascinant pour un visiteur européen ! Mais pour l’instant, ce sont des écureuils qui me font l’honneur de leur présence… mais il faut préciser qu’ils sont omniprésents à New-York. C’est de ne pas les voir qui n’est pas normal !

DSC_0530Ecureuil

Mes jambes commencent à flageoler, je fatigue… il faut dire que l’heure tourne, l’aiguille flirte dangereusement avec les 15h, et je n’arrête pas de marcher, de piétiner et de glisser… sans compter mon footing matinal… et que je n’ai rien avaler depuis mon petit dej’… j’ai beau m’alimenter aux observations, à la nature, ça nourrit l’esprit mais le corps doucement flanche. Heureusement devant moi, voilà le Reservoir ! Sur l’eau, semblables à des bouchons de liège, des canards subissent les aléas des faibles vagues… un groupe d’une cinquantaine d’Erismatures rousses… mais en plumage hivernal… c’est à dire sans leur si beau bec bleu vif… dommage, mais on ne peut pas tout avoir.

DSC_0545Erismature rousse

J’entame un petit tour… enfin j’espère… quand je vois la taille du lac, je désespère. Au centre remuent quelques Goélands à bec cerclé, des Canards colvert barbotent proche du rivage… une vieille dame me dépasse difficilement sur des skis… cela fait sourire toutes les personnes qui la croisent. Mon regard se perd devant moi… et je vois un point blanc, plus loin. L’espoir renaît. J’en suis sûr, c’est un Garrot albéole. Il faut que je le vois avant qu’il ne s’éloigne trop. J’accélère la cadence, agrandis le pas, ne fais plus attention à ce qui m’entoure, fais abstraction des anatidés… quand soudain… obnubilé par l’éventuel canard blanc qui flotte à quelques dizaines de mètres devant moi… j’en ai oublié de vérifier ceux posés sur le rivage. Passant un peu top près des grilles, quelques colverts, encore eux, regagnent l’eau accompagné par un splendide Harle couronné ! Sa frayeur fut de courte durée, et quelques secondes plus tard il replonge son bec dans sa forêt de plumes afin de poursuivre sa sieste.

DSC_0551Harle couronné

DSC_0565Harle couronné

Il ne me reste plus qu’à savoir si le point blanc est vraiment la canard souhaité. Je fixe le point, et mes jambes avancent toutes seules, revigorées par la dernière ainsi que la prochaine observations… je suis attiré, aimanté, aspiré, comme happé par une ferveur ornithologique. C’était bien lui. Un beau mâle de Garrot albéole, connu également sous le nom de Petit garrot. Il avance doucement puis plonge et disparaît quelques secondes… et réapparaît à quelques mètres de là et réitère ce comportement plusieurs fois. Le magnifique canard s’approche finalement un peu plus du rivage et laisse miroiter des reflets colorés sur son front.

DSC_0552Garrot albéole

DSC_0555Garrot albéole

Mission accomplie ! Les deux dernières espèces que je souhaitais voir sont apparues comme par enchantement sur le dernier lieu que j’allais visiter. J’observe un dernier Foulque d’Amérique et décide de m’en aller, de rejoindre la civilisation sauvage… c’est alors qu’un canard transperce mon champ de vision. Je le vois qu’il se pose au loin. C’est sur mon chemin, ça tombe bien ! Je m’approche, bien moins colorée que le Garrot albéole vu précédemment, il s’agit pourtant de sa femelle. Apparemment hyperactive, elle ne reste que quelques secondes posée, le temps de reprendre son souffle et de reprendre son élan.

DSC_0566Garrot albéole femelle

C’était la dernière observation du jour. Je ne compte pas les premières obs’, les coches comme on dit dans le jargon ornithologique… pas pour le moment en tout cas, mais ce que je sais, et ça j’en suis sûr, c’est que la journée a été très fructueuse !

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8 réflexions sur “Central Park Safari : The Reservoir

  1. Le derrière posé sur ma chaise devant l’écran et me voilà à fond dans la poursuite des coches bien loin de mon lieu de travail.
    C’est un plaisir de t’avoir pour guide et de profiter de tes connaissances.
    Désolée, je ne m’attarde pas là, j’ai la suite à voir 😉

    Aimé par 1 personne

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