Chapitre 10 : Le grand jour

C’est le grand jour ! Le Jour J ! Celui que j’attends depuis longtemps, ou du moins, celui dont j’attends le plus. Je vais enfin découvrir le lieu qui m’a fait venir ici, celui qui m’a fait tant rêver. Comme à mon habitude, je suis en avance. Sac rangé, la tente une nouvelle pliée et le duvet roulé. Je suis en avance… mais pas le seul, ma chauffeuse l’est aussi ! Tant mieux ! Nous partons pour 2 à 2h30 de route. Enfin de route c’est vite dit… et pourquoi cette fourchette ?

Je comprends bien vite. Au bout de quelques kilomètres, la route goudronnée s’arrête. Commence alors une voie en gravier. Cela fait maintenant une heure que nous sommes partis de Stanley, nous arrivons à une ferme et passons un portail. Bizarre… mais nous ne sommes pas perdus, des panneaux indiquent « Volunteer Point ». Nous nous aventurons désormais sur une piste. Plus nous avançons, plus le chemin est difficile. La pluie des derniers jours n’a pas facilité les choses, le sol est gorgé d’eau, inondé à certains endroits, boueux et bien gras, glissant. Des traces de roues semblent indiquer que quelques-uns se sont embourbés, mais aussi que la piste est en permanence dans cet état. Ma chauffeuse est une experte et connait parfaitement le terrain. Son sens de l’orientation est incroyable. Je me serais perdu plus d’une fois sans elle. Le 4×4 sort de la piste, coupe à travers champs, slalome entre des flaques, évite des ornières, puis se retrouve face à une clôture. La chauffeuse sort et met la clôture au sol… puis remonte en voiture, avance pour finalement redescendre et remettre la clôture derrière nous. Quelques minutes plus tard, nous arrivons à destination.

Je suis comme intimidé par le lieu. Tente plantée et affaires à l’intérieur, je mets du temps à partir à l’aventure, je traîne mais sans savoir pourquoi. J’ai encore du mal à me rendre compte, à réaliser où je suis, et pourtant… tout autour de moi gesticulent Manchots de Magellan, papous et royaux, Ouettes à tête rousse… et je vois clairement à quelques centaines de mètres devant moi, la fameuse colonie de Manchots royaux. Je décide finalement de m’approcher lentement. Et puis, devant moi, voilà les fameux volatiles, plusieurs centaines, peut-être des milliers… une symphonie visuelle, quel spectacle… quelle chance de voir cela de mes propres yeux. Je bloque, je contemple tant de comportements différents en un même lieu et… tant de beauté ! Je m’assoie, ces oiseaux sont fascinants ! Je pose mon appareil et prends des photos mentales, de celles qu’on ne pourra jamais m’effacer. Celles imprégnées d’émotion et qui seront impossibles à décrire… les plus belles et les plus personnelles.

Manchot royal

Manchot royal

Manchot royal

Manchot royal

Je décide de visiter les alentours et abandonne momentanément mes copains royaux. Je me vois rapidement survolé par des Sternes hirundinacées peu enclin à ce que je m’avance plus. Elles ont raison, si elles commencent à crier, c’est que je ne suis pas le bienvenu. Je dois être non loin d’une colonie qu’elles protègent, elles volent de plus en plus bas, faisant des piquets pour me dissuader d’emprunter ce chemin. Je fais un détour forcé, elles m’observent de loin. Tout ce passe bien, tout le monde est content. Au loin des Mouettes de Patagonie sur les rochers, et devant un Huîtrier noir y cherche de quoi se nourrir.

Huîtrier noir

Une plage de sable blanc lance sa robe sur plus d’un kilomètre, jusqu’à d’autres rochers, prémisse à des falaises que je m’en irai explorer plus tard. La plage est habitée de petits êtres noirs et blancs. En réalité toute la zone est habitée, je viens de débarquer en terre manchot et les 3 espèces cohabitent ici aisément. Ajoutons à cela, les mouettes, les sternes, les goélands, et quelques limicoles (Huîtrier noir et de Garnot, Bécasseau de Bonaparte et Gravelot des Falkland) et vous aurez l’impression d’un film en noir et blanc. Dans l’eau, laisse sortir sa tête un Lion de mer faisant des va-et-vient attendant le bon moment pour sortir énergiquement de l’élément liquide pour fondre sur une malheureuse proie. Voila ce qui explique l’hésitation tant remarquée des manchots pour aller se baigner.

  

Manchot royal

Manchot royal

Manchot royal, Manchot papou et Manchot de Magellan

Lion de mer

Huîtrier de Garnot

Fin de journée ! Déjà ! La lumière se fait plus douce, rasante et orangée. J’ai l’impression d’avoir une nouvelle fois changé de lieu. Je retourne voir la colonie royale qui éclairée différemment est encore un peu plus magique. Les contrastes sont accentués. Si les noirs se montrent davantage sombre, le orange prend toute sa puissance et explose sous l’impulsion des rayons du soleil.

Manchot royal

Manchot royal

Manchot royal

Manchot papou

Arrivé aux alentours de midi, la journée est passée assez rapidement. Heureusement, je reste encore deux nuits sur ce spot incroyable ! Je pense avoir déjà fait le tour des oiseaux que je peux croiser sur cet archipel, et demain, j’explorerai les falaises. Avec un peu de chance, je tomberai sur quelques pinnipèdes !

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