Chapitre 3 : I love Gypsy Cove !

Réveil à 4h du mat’. Dure loi du décalage horaire et d’un ensoleillement inhabituel. J’aurai du m’en douter pourtant. Si l’été la luminosité règne en maître dans le nord de l’hémisphère nord, l’hiver, c’est à dire pendant l’été austral, le phénomène se produit dans le sud, à une échelle moindre tout de même. Je me rendors un peu puis quelques heures plus tard décide de me motiver. Aujourd’hui m’attend une grosse journée, une randonnée que j’espère riche et qui s’annonce prometteuse. Il faut dire qu’on m’a bien vendu la chose. Gypsy Cove ou le meilleur spot près de Stanley pour voir la faune locale !

Voila qui s’annonce prometteur ! J’emprunte le chemin de la veille et retombe sur mes observations passées : Cormoran de Magellan, Brassemer des Malouines, Ouettes de Magellan… auxquels viennent s’ajouter au loin Sterne hirundinacée et surtout Pétrel géant ! La distance entre nous est importante, mais je devine déjà son envergure impressionnante. En ce début de matinée, la baie se réveille et la vie avec elle. Ca commence plutôt bien, d’autant que je tombe nez à nez avec une femelle Lion de mer qui faisait sa sieste et puis un peu plus loin un couple d’Ouettes marines. Comme pour celles de Magellan, le dimorphisme sexuel est très accentué ! Le mâle est d’un blanc pur, alors que la femelle est striée sur le ventre et d’un plumage uniformément sombre sur le dos.

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Ouette marine

Un peu plus loin, les passereaux s’affolent ! La vie foisonne ! J’oublie vite mes moineaux omniprésents dans la ville. Ici, ce sont des oiseaux plus farouches et colorés, pour mon plus grand plaisir. La magnifique Sturnelle australe tout d’abord ! Oiseau qui fait partie de ma liste pour ce voyage, avec sa superbe gorge rouge éclatant ! Malheureusement, pas très docile pour le coup, elle s’envole rapidement. Puis le chant particulier du Mélanodère à sourcils blancs retentit, je le vois perché au loin, tout de gris et de jaune vêtu, lui aussi s’en ira prématurément. Mais ça n’entame pas mon moral et ma motiv’, au contraire ! Nous sommes le premier jour plein de mon séjour, si je prenais tout en photo directement, que me resterait-il pour la suite ? C’est alors que vient se poser un Pipit correndera assez mimétique. Je ne laisse pas passer l’occasion de l’immortaliser.

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Pipit de correndera

Le pipit parti, ce sont des chardonnerets qui le remplacent et lui volent la vedette. Mais pas le Chardonneret élégant que nous croisons en terre européenne, ici le mâle se pare d’une calotte et d’un menton noir qui lui vaut le nom de Chardonneret à menton noir.

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Chardonneret à menton noir

J’arrive enfin à Gypsy Cove, après quelques observations supplémentaires (Merle austral, Huîtrier de Garnot, Dormilon bistré, Buse tricolore), et se dresse devant moi un décor à tomber par terre ! J’avoue avoir décidé de venir aux Malouines pour les manchots, et ne m’étais pas renseigné volontairement, voulant me garder la surprise, sur les paysages que je pouvais voir. J’ai bien fait ! Une crique digne des Caraïbes, sable blanc, eau cristalline… le seul élément « perturbateur », c’est la présence de manchots ! Mes premiers Manchots de Magellan et deux Manchots royaux ! Un peu loin pour une première fois, mais l’essentiel est là, je suis un gamin qui réalise son rêve ! Ils sont loin mais tranquilles et personne ne peut les approcher. La raison est simple, cette plage est minée ! Un souvenir de la guerre des Malouines ! Les manchots n’étant pas assez lourds pour déclencher le dispositif, ils ne risquent rien… un humain par contre…

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Je contourne la baie par un petit chemin boueux accompagné de petites flaques qui me font dire à voix haute « parfait pour une béca… », je ne finis pas ma phrase, elle est devant moi. La Bécassine de Magellan ! C’est aussi le moment qu’a choisi un Troglodyte à bec court pour se poser sur ma droite. Dilemme ! Lequel dois-je me décider à photographier au risque de voir l’autre partir, ou de rater les deux. Je me décide à porter mon intérêt pour le troglo en me disant que si je ne bouge pas trop, la bécassine ne partira pas.

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Troglodyte à bec court

Quelques notes plus tard, le troglo s’en est allé. Je me retourne délicatement en espérant que la bécassine est encore là. BINGO ! Au risque de rater les deux, j’observe les deux ! Je ne pouvais pas espérer mieux. J’arrive à me rapprocher, la Bécassine de Magellan n’en a que faire de moi. Je n’en attendais pas tant.

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Bécassine de Magellan

Mais ma rando n’est pas terminée, loin de là, je me suis embarqué dans une expédition dont je ne vois pas la fin. Les décors et les obs’ se succèdent ! Une plage de sable blanc m’offre mes premiers Manchots papous, des falaises des Canards huppés et quelques dauphins non-identifiés, et les milieux ouverts quelques limicoles : Gravelot d’Urville et des Falkland.

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Gravelot d’Urville

La marche est de plus en plus difficile, je n’étais sans doute pas au top de ma condition physique, fatigué par les heures de vol et le décalage horaire, et au bout d’une vingtaine de kilomètres j’atteins enfin l’entrée de ma tente. Une bonne journée remplie de paysages majestueux et de nombreuses observations vient de se terminer. Je m’endors en rêvant au lendemain.

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