Chapitre 2 : Premières plumes

Coincé entre un anglais et une américano-japonaise, je regarde le paysage chilien défiler de l’autre coté du hublot. La merveilleuse Cordillère des Andes me dévoile quelques pics enneigés. La Patagonie m’ouvre ses bras. La Terre de feu me souhaite la bienvenue. Et voilà Punta Arenas. Une envie de visiter ces contrées sauvages grandit à mesure que la piste en fait de même. Mais l’arrêt ne sera que de quelques minutes, le temps d’un nouveau tampon sur le passeport, et nous remontons dans le même appareil. Nous avons fait le plus long, dans environ 2 heures nous arriverons à destination.

Mount Pleasant nous voilà ! L’aéroport est située dans une base militaire à 45 minutes de Port Stanley, ville principale de l’archipel du haut de ses 2 000 habitants. Sur la route, je vois mon premier Manchot royal ! Seul au milieu de nulle part ! Et puis quelques rapaces planent dans les airs, des ouettes restent à proximité de point d’eau, et dans les rochers je devine quelques passereaux. La vie a l’air partout, j’ai des fourmis dans les jambes, hâte de me perdre dans cette nature inviolée.

Après avoir pris mes quartiers, c’est à dire planter ma tente, je m’en vais marcher un peu dans la ville. Il me reste un peu de temps avant que la clarté du jour ne s’estompe et je me dirige vers le port. Je me dis que pour faire mes premières observations, c’est sûrement un bon spot. Je ne me trompe pas et tombe directement sur la seule des deux espèces endémiques de l’archipel que je verrai. La deuxième étant le Troglodyte de Cobb vivant sur de petites îles sur lesquelles les rats sont absents. Malheureusement, mon budget ne me permet pas de faire toutes les îles, et j’ai donc laissé tomber la chance de voir cet oiseau. L’oiseau que j’ai sous les yeux est un canard un peu particulier : il ne vole pas ! Le Brassemer des Malouines ! Un canard aux pattes particulièrement puissantes qui porte bien son nom et s’enfuit (lorsqu’il s’enfuit ! ) en nageant. Pour un endémique, il est très facile à trouver, on le retrouve sur quasiment tous les rivages et plus particulièrement près des falaises et des escarpements rocheux.

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Brassemer des Malouines

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Brassemer des Malouines

Le tour du port est vite fait, très vite fait. En continuant ma route, je tombe sur un petit chemin indiquant Gypsy Cove, c’est ici que j’irai demain. Il paraît que c’est le meilleur spot situé autour de Port Stanley pour avoir un avant-gout de la faune locale. En attendant, je fais fuir un Bihoreau gris, sous-espèce endémique aux Malouines, et me retrouve à observer la baie devant moi. C’est alors qu’un oiseau plonge. J’attends impatiemment sa sortie afin de pouvoir l’identifier. C’est un Cormoran de Magellan ! J’ai lu quelque part qu’ils ne sont pas si faciles à photographier car nichant sur des falaises très rarement accessibles. Je ne boude donc pas mon plaisir. Je m’apercevrai plus tard qu’une petite population de ces oiseaux ont élu domicile à quelques mètres du port sur un ensemble de pontons. J’en verrai quelques autres à chaque sortie près de la ville, mais toujours à bonne distance. Des deux espèces de cormorans nichant sur l’archipel, le Cormoran de Magellan est celui que l’on croise tout de même le plus facilement.

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Cormoran de Magellan

Derrière moi, un espace vert sur lesquels se promènent quelques Ouettes de Magellan (Magellan est partout : ouette, cormoran, manchot, bécassine…, il faudra vous y habituer). Le dimorphisme sexuel chez cette espèce est très marqué. Impossible de se tromper, le mâle est à majorité blanc, la femelle est beaucoup plus sombre. La confusion peut se faire, par contre, avec les Ouettes à tête rousse qui ressemblent fortement aux femelles Ouettes de Magellan et je dois avouer que j’ai mis un bon moment avant de les différencier. Maintenant, j’y arrive mais je ne saurai vraiment vous dire quels sont les critères, c’est plus à l’habitude, au feeling. On sait que quelque chose cloche sans savoir réellement quoi. Probablement une histoire de gabarit, de silhouette…

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Ouette de Magellan (mâle et femelles)

Sur le retour, je scrute les arbres, les espaces verts, à la recherche de petits passereaux mais ne tombe que sur des Moineaux domestiques. Les passereaux ne seront peut-être pas les espèces les plus simples à observer. Alors que j’approche de ma tente, un Urubu à tête rouge me survole à faible altitude et va se poser sur un arbre qui dépasse, à quelques rues de là. Ma petite promenade n’est donc pas terminée et je m’accorde encore quelques minutes de vadrouille. Arrivé à l’arbre, je ne vois pas le vautour, je continue ma route pour contourner l’arbre… surprise ! Ce n’est pas un urubu qui est dans l’arbre mais une vingtaine. Je viens de trouver un dortoir.

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Urubu à tête rouge

Je décide finalement de rentrer avec un premier coup d’oeil sur l’avifaune plutôt prometteur. Demain, j’irai à Gypsy Cove, c’est décidé ! L’occasion sûrement d’y voir mes premiers Manchots de Magellan.

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