Chapitre 1 : Santiago !

L’avion glisse sur le tarmac. Au revoir l’hiver du sud de la France, bonjour la chaleur accablante de l’été chilien. Un jour d’escale. Un stop avant de passer aux choses sérieuses.

Je prends connaissance de mon Bed & Breakfast et de ses propriétaires. Malgré les dires du propriétaire, le quartier me semble peu accueillant. Ce n’est que de la prévention paraît-il, il y aurait des problèmes de drogue par ici, mais rassurez-vous c’est moins dangereux que le centre de Santiago. Je veux bien, je lui fais confiance. L’été est a son comble, le mercure dépasse allègrement le seuil des 30°C. Une petite sieste s’impose afin de recharger les batteries et de contrer un peu les effets du décalage horaire… puis, on ne se refait pas, je sors observer quelques copains à plumes. Si le propriétaire se voulait rassurant, les propos de sa femme le sont moins : « Please, take care ».

C’est donc l’esprit méfiant que je visite cette banlieue de Santiago, à la recherche des quelques espaces verts repérés au préalable sur le plan de la ville, et sortant aussi discrètement que possible mon appareil photo lorsque nécessaire. Mes premières obs’ ne concernent que des « habituels », des oiseaux d’ici, d’ailleurs et de là-bas, Moineaux domestiques et Pigeons bisets. Et puis, le premier parc se dresse devant moi, pas grand chose de neuf si ce n’est un Merle austral. Première coche chilienne !

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Merle austral

Bien sûr, j’aurai pu partir explorer les contreforts de la Cordillère des Andes et tenter de surprendre le Condor des Andes ! Le rêve ! Mais non, je me suis bien renseigné, mais faute de temps j’aurai du solliciter l’aide d’un guide local. Ca enlève du charme à la rencontre, mais ce n’est pas ce qui me rebute le plus… le prix annoncé m’a d’abord fait penser à une faute de frappe. « Je crois que vous avez fait une erreur, vous avez tapé deux fois sur la touche 6… Ah non ! Ce n’est pas une erreur ! C’est bien 660$ la journée ! » Je veux bien que ça soit un tour privé, mais ça fait un peu cher pour moi… Je vais me contenter de mon merle.

La liste ne s’allonge pas rapidement, je flâne, je prends mon temps, je contemple, je m’incruste dans la ville, je devine et deviens son mouvement, je fais corps avec elle. Je ne suis pas une tâche dans le paysage, je passe inaperçu. Plaisir du soleil sur mon visage et de sa chaleur revigorante. Les chiliens ne me regardent pas, je prends confiance. Seuls les guichets des commerces protégés par des grilles et les jardins barricadés me rappèlent les avertissements de mon hôte. On a vu plus chaleureux. Le deuxième parc est plus grand, peut-être l’occasion de voir autre chose. Un vieil homme assis, radio à ses pieds, nourrit des volatiles : Tourterelles oreillardes et Colombes Picui. Quelques images plus tard, je continue mon chemin.

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Colombe picui

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Tourterelle oreillarde

Je regarde mon plan du quartier. Au nord, un nouveau parc me fait de l’oeil. Le temps d’un petit ravitaillement et le jardin public jette ses poils verdoyants à mes pieds. Je rase le grillage et mon regard est attiré par une boule de plumes. Je m’assois à l’ombre, me désaltère et ne perds pas des yeux mes nouveaux compagnons. Petit coup de téléobjectif et ce que je vois me plait : des Bruants chingolos. C’est un des oiseaux les plus communs des milieux urbains d’Amérique du Sud.

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Bruant chingolo 

Plus loin, c’est ce que j’entends qui me fait plaisir. Les sens en éveil, à l’affût, aux aguets, si je n’ai pas reconnu l’espèce, j’ai reconnu la famille. Une partie de cache-cache s’engage, vert sur  vert. Espoir. Mais la discrétion n’est que visuelle, leurs cris trahissent bien plus que leur simple présence : voici des Conures veuves. Les mêmes que l’ont peut voir dans des villes comme Barcelone. Mais ce n’est pas parce que cette espèce est d’origine sud-américaine qu’elle est dans son élément originel. Ici aussi, les Conures veuves ont été introduites, on les trouve normalement à l’est des Andes, de la Bolivie à la Patagonie en passant par le sud du Brésil.

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Conure veuve

Je rentre doucement jusqu’à ma petite chambre, heureux de ces quelques observations et de ce petit échauffement. Demain je m’envolerai vers le sud. Le sud de l’Amérique du Sud.

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